Grève des stations-services Shell sur les autoroutes
Les employés de Vivo Energy, affiliés à l’UMT, ont observé une grève le vendredi 24 juin dans 9 stations-services Shell sur les autoroutes ainsi qu’une manifestation devant le siège social de la société à Casablanca. Il s’agit d’une première pour cette compagnie qui a repris les stations-services Shell.
Selon la Fédération Nationale des Travailleurs Pétroliers du Gaz et Produits Assimilés (FNTPGPA), affiliée à l'Union Marocaine du Travail (UMT), ce décrochage vient après que la société ait congédié plusieurs employés dont une déléguée syndicale.
Les employés en grève accusent Vivo Energy Maroc d’abus de position dominante en obligeant ses salariés à signer des contrats sans qu’ils n’aient approuvé leur contenu.
« Vivo Energy n’a pas respecté une série d’accords passés avec l’UMT après la dernière grève de mai 2016 », affirme un délégué syndical contacté par PanoraPost.
Le syndicaliste fait allusion aux dizaines d’employés qui sont encore rémunérés au SMIG malgré leurs vingt années de service, et subissent des retenues sur leurs salaires sans justification acceptable, sans oublier la situation des intérimaires que la compagnie refuse de titulariser.
Les stations-services en grève ont été un véritable calvaire pour les utilisateurs des autoroutes. Aucune équipe de permanence n’a été mise sur place pour assurer le service et la clientèle était en rage. « C’est la société qui ne respecte pas le client, sinon ils auraient répondu à nos revendications », déclarent les grévistes. « Nous ne voulions pas en arriver là, mais la société combat toutes les actions syndicales ».
Vivo Energy Maroc, pour sa part, « regrette profondément la forte perturbation générée par la grève du 24, menée par la FNTPGPA (et rappelle que) le dernier accord signé avec la Fédération en date du 23 mai 2016, en présence des autorités de tutelle, devait mettre fin à toute perturbation de l’activité de l’entreprise pendant la durée de deux ans. Nous constatons avec regret que cet accord n’est pas respecté par la Fédération ».
Concernant les salaires et la politique de l'entreprise en la matière, cette dernière ajoute qu' « elle est signataire d’une convention collective et a toujours respecté ses engagements. La politique salariale de l’entreprise est comparable aux meilleures références du marché et est gérée selon les standards internationaux ». De plus, indique la société, « Vivo Energy Maroc a signé un contrat avec un prestataire de services octroyant au personnel actuel des contrats à durée indéterminée, en prenant en compte l’ancienneté, une revalorisation salariale conséquente, l’ajout d’une assurance maladie complémentaire ainsi que de nombreux autres avantages ».
L'entreprise estime donc que « cette attitude est contraire à l'intérêt général de la société, y compris des salariés ». Certes, mais aussi pour les usagers en panne de carburant, pourrions-nous ajouter...
Une autre grève était prévue lundi 27 juin, mais elle n'a pas eu lieu. Le délégué syndical explique que « les employés licenciés avaient été réintégrés jeudi 24, la veille du débrayage, mais comme l'action avait été décidée, elle a été maintenue », ce qui est très léger au vu des désagréments infligés à des usagers en panne, en peine, et aussi en stress... surtout que le motif de la grève avait été levé. Pour lundi, il n'était plus nécessaire de faire grève, précise notre interlocuteur. C'est heureux.
Wiam Amiri