Les théologiens, jurisconsultes musulmans et autres émetteurs de fatwas sont une bidâa

Les théologiens, jurisconsultes musulmans et autres émetteurs de fatwas sont une bidâa

Le propos est d’Hassan Rahhou Jirari, universitaire et académicien, qui s’exprimait lors d’une conférence organisée lundi 27 juin au soir par l’USFP autour du thème de l’Etat civil (par opposition à l’Etat religieux). Pour lui, la principale source de problème dans les domaines politique, économique et juridique est la plateforme religieuse telle qu’elle est conçue, et non l’islam en particulier.

Pour l’orateur, tous les régimes dictatoriaux enregistrés à travers l’histoire se fondaient sur un habillage religieux de la politique ou étaient de nature ecclésiastique. Cela donne le ton de la conférence… Ainsi, dans l’islam, rien ne permet à quelqu’un d’y émettre une fatwa, et Jirari s’appuie sur deux versets du Coran où, interrogé sur ses décrets concernant différents sujets, le prophète a répondu que c’est Dieu qui décrète. Or, les fatwas étant des décrets religieux, elles sont de facto, et même de jure, à proscrire, car elles peuvent et doivent être considérées comme des bidaâ, ou innovations blâmables.

Le problème, donc, selon le professeur Jirari, n’est pas dans la religion, mais dans le système qui la sous-tend, et qui est de création humaine. « On ne peut réformer la religion car elle n’est pas réformable. En revanche, le système bâti autour peut l’être… Mais débattre avec les hommes de religion de la réforme de leur système est un peu comme ce prisonnier qui discute avec ses geôliers de la manière adéquate de s’évader ».

L’origine des tracas est également avec l’Etat califal, dont les concepteurs se sont inspirés de la hiérarchie catholique et si, ajoute Jirari, le système religieux apporte des solutions à tout, il faut aussi dire que les problèmes liés à ces solutions trouvent leur source, précisément, dans le même système, élaboré par les musulmans mais sans rapport avec l’esprit de l’islam…

L’universitaire conclut son intervention par ce constat bien pessimiste : « Il n’est pas possible de bâtir un Etat civil à l’ombre d’un système religieux empli d’absurdités », comme le fait de reconnaître la différence qui est considéré comme une tolérance et non comme un droit à la différence, ou encore la prééminence voire la dominance de la majorité ou enfin la participation politique réduite à l’allégeance et à la consultation (choura).

AB



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