Le Maroc vote contre la création d’un rapporteur sur la violence contre les minorités sexuelles à l’ONU
Les homosexuels ne sont pas encore près de voir leurs droits à la différence reconnus au Maroc. Après les différents événements qui ont secoué la société depuis un an suite à des agressions contre les homosexuels (lynchages en public ou dans le domicile privé), et après la confirmation du délit d’homosexualité dans le Code pénal, voilà que le Maroc officiel décline sa position, à l’international, en votant contre la création du poste de rapporteur de l’ONU sur la violence contre les minorités sexuelles, ou LGBT (Lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels).
En effet, le Maroc et 17 autres Etats ont voté contre la création d’un rapporteur de l’ONU sur la protection contre la violence et la discrimination en raison de l'orientation sexuelle. Au Conseil des droits de l'Homme de l'ONU (OHCHR), ils étaient 47 pays à siéger. 23 ont voté pour, 18 contre et 6 se sont abstenus.
Le Maroc a voté de la même manière que les pays arabes et musulmans membres dudit Conseil, rejoints également par la Chine et la Russie. La résolution avait été soumise au vote à l’initiative des pays d’Amérique latine. Le nouveau Rapporteur aura comme fonction de mettre en place les mécanismes pour assurer la protection des LGBT et d’assurer les campagnes de sensibilisations des Etats membres de l’ONU et de la société civile sur les droits de cette communauté.
La décision est incompréhensible car elle peut signifier en creux que l’Etat pourrait admettre des violences contre ses minorités sexuelles, ce qui est inacceptable, moralement et juridiquement. On peut à la limite comprendre que le gouvernement conservateur, fidèle à son idéologie et à ses fondamentaux pour lesquels il a été élu, maintienne le caractère délictuel de l’homosexualité, même si cette démarche est contraire aux libertés individuelles et à la logique même. Mais on ne peut comprendre que le Maroc, Etat qui se vend comme un émergent en matière de droits, vote contre la création d’une fonction de protection de ces homosexuels.
Si le gouvernement marocain, en interne, souhaite s’exposer à la situation ridicule d’embastiller quelqu’un qui ne fait de mal à personne, il n’a en revanche pas le droit de s’afficher à l’international comme un Etat qui refuse de voir protéger ses minorités sexuelles. Que 17 autres pays l’aient fait, c’est leur affaire, mais le vote marocain n’est pas vraiment flatteur.