Le Polisario a un nouveau chef, l’ « Algérien » Brahim Ghali

Le Polisario a un nouveau chef, l’ « Algérien » Brahim Ghali

Il a un peu moins que 70 ans et il était le seul candidat en lice pour la succession de Mohamed Abdelaziz, décédé le 31 mai dernier. Il s’agit de Brahim Ghali, nouveau secrétaire général du Front Polisario et président de la RASD, élu lors du Congrès extraordinaire organisé au terme des 40 jours de deuil pour Abdelaziz. Il est surtout connu pour être l’homme d’Alger à Tindouf.

Dirigeant historique du Front, il aura à gérer une situation très complexe, avec d’un côté un Maroc plus sûr de lui et engagé dans un vaste programme d’investissement et de développement des provinces du Sud, et de l’autre une jeunesse de moins de 40 ans qui ne connaît rien du monde, confinée depuis des décennies dans les camps et ne connaissant du Maroc que ce qu’en a dit la propagande algérienne et sahraouie.

Cette jeunesse instruite dans les universités algériennes et espagnoles, est favorable à une ligne encore plus dure à l’égard du Maroc et serait partante pour un changement de politique, privilégiant la force en raison de ce qu’elle voit comme un échec de la Mission de l’ONU pour le référendum au Sahara (Minurso).

Aux termes des conditions pour accéder à la fonction suprême dans son Front et dans sa République, qui impose l’exercice de fonctions de direction durant au moins dix ans, Brahim Ghali a été ministre de la défense de 1976 à 1991, avant d’être désigné ambassadeur de 1999 à 2008 à Madrid, puis à Alger, ce qui lui a permis de se constituer un solide réseau d’amitiés avec les généraux algériens, qui lui ont permis d’être élu nouveau leader.

Ces précédentes fonctions lui confèrent donc l’entière légitimité pour diriger le Front, mais il devra affronter les visées belliqueuses de certains généraux algériens et d’une partie de la population des camps de Tindouf. Cela étant, Brahim Ghali a dû faire face à des procès en Espagne pour tortures et sévices à l’encontre de prisonniers du Polisario.

L’élection de Ghali ne devrait donc rien changer pour Rabat qui s’est engagé dans une nouvelle politique de développement en interne et de relations publiques à l’extérieur pour convaincre du bien-fondé de sa politique. Les autorités marocaines continueront donc d’observer les mouvements du Polisario sur le plan diplomatique, épaulé par Alger, dont le ministre des Affaires étrangères Ramtane Lamramra postule à la fonction de président de la Commission africaine au sein de l’Union du même nom.

Aussitôt après son élection, aux allures de nomination, Le nouveau chef a annoncé que « l'Algérie sera ma première destination avant mon départ pour participer au sommet de l'UA », prévu du 10 au 18 juillet à Kigali, a indiqué Brahim Ghali lors d'une conférence de presse à l'issue des travaux du congrès extraordinaire du Front Polisario tenu ce weekend sous le slogan « Force, détermination et volonté pour imposer l'indépendance nationale et  la souveraineté ». Tout un programme, et surtout un marquage net de la nouvelle tendance du Front vis-à-vis du Maroc.

Le tenant de la ligne dure du Polisario Brahim Ghaliaura d'ores et déjà à faire face à un mouvement dissident, Khat Achahid (la ligne du martyre), qui conteste son élection, décidée à l'avance et se détournant de la voie démocratique déclinée dans les slogans du Mouvement.

 



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