Hakima el Haité défend en conférence de presse l’importation des déchets d’Italie
Avec la vague de contestations qui ne faiblit pas, bien au contraire, suite à l’importation de déchets d’Italie, et suite à la discrétion peu solidaire de ses collègues au gouvernement (à l’exception du ministre de l’Intérieur), la ministre déléguée à l’Environnement a tenu ce lundi 11 juillet une conférence de presse pour expliquer.
Selon Mme el Haité, les produits importés d’Italie, de Pescara pour être plus précis, « ne sont pas des déchets au sens classique du terme, mais du combustible ». La Convention de Bâle interdit l’exportation de déchets vers d’autres pays, mais les Italiens ont détourné la réglementation pour désigner ces produits en tant que combustible et non en tant que déchets.
La ministre a expliqué que les produits entrés au Maroc sont des combustibles solides de récupération (CSR), issus des tris effectués sur les déchets. Il s’agit de ballots de papier et de cartons, avec du bois également, mais aucune matière pouvant comporter du chlore. Le tout, affirme la responsable, en stricte observation des conventions internationales.
Puis, pour marquer le coup, Hakima el Haité a précisé que le Maroc a importé des quantités de 450.000 tonnes de ces produits classés CSR. On est donc loin, très loin même au-dessus de la cargaison qui a fait couler tant d’encre et de salive (2.500 tonnes). Ce combustible est utilisé aussi bien en Allemagne qu’en France pour des besoins domestiques et industriels, et maintenant au Maroc, par les industries énergétivores comme les cimenteries par exemple.
Or, selon des informations obtenues, les CSR ne sont pas encore véritablement encadrés dans les pays de l’Union européenne sur le plan juridique, une nouvelle législation étant en cours d’élaboration pour en définir le statut. C’est aux questions sur ces combustibles, sur l’absence d’industrie de tri au Maroc et sur bien d’autres thèmes que Hakima el Haité a refusé de répondre lors de sa conférence, à l’instar de son cabinet qui a préféré nous renvoyer aux indications fournies par la ministre.
Lors de sa conférence de presse, et face à la manifeste non-solidarité du gouvernement, Hakima el Haité a fait convoquer plusieurs représentants d’associations qui travaillent avec elles, en plus des cimentiers, premiers concernés par cette affaire.
Suite donc à la polémique soulevée, il apparaît que l’opinion publique marocaine est de plus en plus sensible aux questions environnementales, surtout à l’approche de la COP22 que Mme el Haité vend si admirablement à l’étranger, et même sur le sol national. Il reste quand même à satisfaire la curiosité des populations face à ce qui se produit au Maroc et surtout à répondre exhaustivement aux questions posées sur telle ou telle autre opération.