Accord entre Rabat et l’ONU au sujet du retour de la Minurso

Accord entre Rabat et l’ONU au sujet du retour de la Minurso

A 15 jours de l’expiration du délai fixé par la résolution 2285 au sujet du retour de la composante civile et politique de la Minurso, dont 73 membres avaient été expulsés en mars suite aux déclarations du secrétaire général de l’ONU ban Ki-moon sur le Sahara et son utilisation du terme « occupation », le Maroc et l’ONU sont arrivés à un accord. Positif pour Rabat.

Selon l’agence espagnole EFE qui a rapporté l’Infomation, le porte-parole du secrétariat général des Nations Unies Stéphane Dujarric a annoncé qu’ « à la suite des discussions constructives entre l’ONU et le Maroc, il a été décidé de restaurer toutes les fonctionnalités de la MINURSO par un processus graduel ». Il a ajouté que « l'ONU a conclu un accord avec le Maroc pour restaurer la "fonctionnalité complète" de sa mission au Sahara occidental (MINURSO), un processus qui commencera avec le retour dans les prochains jours d'un premier groupe de 25 employés civils ».

Mais il y a une différence entre composante civile et politique, la seconde étant chargée essentiellement du volet référendum inclus dans la MINURSO. Sur les 73 fonctionnaires civils expulsés en mars, seuls les 25 chargés de missions civiles seront réintégrés dans leurs fonctions. Cela serait une victoire pour le Maroc, qui éloignerait ainsi la solution référendaire réclamée par les adversaires du Maroc, principalement l’Algérie, le Nigéria et l’Afrique du Sud, mais largement dépassée dans la réalité des faits, ainsi qu’en conviennent plusieurs chancelleries à travers le monde.

Il reste à définir le « processus graduel ». Cela signifie que les autres membres expulsés, une cinquantaine, reviendront au Maroc dans les prochaines semaines ou prochains mois, ou en effectif réduit, ou jamais. Mais si le briefing prévu le 26 juillet prochain au Conseil de Sécurité de l’ONU, lors duquel Ben Ki-moon présentera le résultat des tractations, valide cette option graduelle, rien n’indique que le Maroc accepterait le retour de l’effectif global.

Selon une source diplomatique marocaine, la mission diligentée par les Nations Unies en juin dernier, avec la participation du Marocain Jamal Benomar, a servi à définir les besoins de la Minurso sur le terrain. Mais elle a aussi et surtout contribué à rebâtir des passerelles de discussion et de dialogue, après le coup de froid enregistré en mars. Selon cette source, l'effectif n'a pas d'importance, pas autant que la nature de la mission en elle-même.

Une autre source nous a expliqué que l’organisation de la COP22 par le Maroc aura également contribué à aplanir les différends : « L’absence du SG à cette conférence mondiale d’une importance cruciale ne saurait être envisagée. Or, il ne pourrait venir au Maroc alors que la crise perdure » (sur l'image, la poignée de main entre Ban Ki-moon et le roi Mohammed VI lors du Sommet de la COP21 à Paris en décembre 2015).

La crainte du réchauffement de la planète aura donc contribué à réchauffer, positivement, les relations entre Rabat et le Secrétariat général des Nations Unies.

En conférence publique ce 11 juillet, le porte parole Stéphane Dujarric avait pourtant répondu à la question de manière évasive, tout en laissant la porte ouverte à un accord définitif, qui serait positif pour le Maroc et qui répondrait à l’exigence du Conseil de Sécurité : « Vous savez, les discussions progressent entre le Maroc et l'Organisation des Nations Unies. Nous, évidemment ... vous savez, il est important pour nous de veiller à ce que la résolution du Conseil de sécurité soit remplie, et nous ferons rapport au Conseil en temps voulu ».

Cette décrispation des relations et l’issue trouvée revient en partie à l’intermédiation française à New York. Cela avait commencé par la négociation d’un délai relativement long pour la restauration de la Minurso, trois mois au lieu d’immédiatement, et cela avait continué avec l’implication de la diplomatie française dans l’accord sur le retour des fonctionnaires internationaux.

En mars dernier, le ministère des Affaires étrangères avait publié un communiqué incendiaire dans lequel il affirmait que « le Gouvernement du Royaume du Maroc à décidé les mesures immédiates suivantes, à savoir “une réduction significative, dans les jours qui viennent, d’une grande partie de la composante civile et plus particulièrement le segment politique de la MINURSO, l’annulation de la contribution volontaire qu’accorde le Maroc au fonctionnement de la MINURSO et l’examen des modalités de retrait des contingents marocains engagés dans les Opérations de Maintien de la Paix ». Dans l'intervalle, les contingenst marocains ont été maintenus, les négociations sur le retour de la mission civile ont été engagées, mais le retrait de la contribution volonatire de 3 millions de dollars reste pour l'instant en vigueur.

AB



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