La MedCop de Tanger revient sur les périls qui pèsent sur la Méditerranée
La 2ème conférence méditerranéenne sur le climat a démarré ce 18 juillet à Tanger. Placée sous le signe de la mise en œuvre des grandes décisions de Paris, la MedCop réunit plus de 2.000 participants, décideurs politiques et économiques, acteurs de la société civile, experts, universitaires et bailleurs de fonds… Une répétition avant le grand rendez-vous planétaire de novembre à Marrakech, la COP22.
La 2ème Medcop intervient donc après cette première édition, organisée à Marseille voici un an, et six mois aussi avant la COP21 qui s’est tenue à Paris. Cette seconde édition est co-organisée avec l’Union pour la Méditerranée, que dirige le diplomate marocain Fathallah Sijelmassi.
L’ouverture a été donnée par Moulay Rachid et c’est Ilyas el Omari, président de lé Région Tanger-Tétouan-al Hoceima qui est à la manœuvre, lisant le message du roi Mohammed VI adressé aux participants. Côté français, et en raison de l’attentat de Nice et du deuil national, la représentation sera moyenne, car ni le président Hollande ni la présidente de la COP21 Ségolène Royal ne sont à Tanger. Côté marocain car le ministre des Affaires étrangères et président du Comité de pilotage de la COP22 « marocaine » est à Kigali pour l’adhésion du Maroc à l’Union africaine.
Dans son message, le roi rappelle que « la Méditerranée sera sans doute l’une des régions du monde les plus impactées par le réchauffement climatique, à la fois sur les ressources naturelles et sur les grands secteurs de l’économie, l’agriculture, la pêche, le tourisme, l’industrie, la production d’énergie… ».
Et comme pour la COP22, présentée comme celle de l’action, après celle de la COP21, où l’action était aussi le maître-mot puisqu’elle a abouti au désormais fameux Accord de Paris, la MedCop2 est celle de la « consolidation et de la pérennisation », explique le roi, qui déroule le programme que s’assigne le Maroc pour la COP22 :
« Les priorités de la présidence marocaine de la COP22 s'articuleront autour de quatre axes : la concrétisation des contributions nationales; la mobilisation des financements; le renforcement de l'adaptation et le développement technologique.
1/ Encourager les pays à adopter des contributions nationales volontaristes et à les décliner en politiques publiques intégrées.
2/ Mettre en place un processus de mobilisation par paliers des financements en faveur des pays en développement. Parallèlement, (le Maroc) proposera des mécanismes facilitant l'accès à la finance climatique et maximisant son allocation.
3/ L'adaptation bénéficiera d'un effort substantiel, à travers une quantification des besoins, une augmentation des ressources allouées et une intensification du renforcement des capacités.
4/La COP 22 examinera un plan d'action décisif consacré aux technologies, comprenant trois volets principaux : la diffusion des technologies matures, l'émergence de technologies de rupture et le soutien à l’innovation à travers la recherche et développement ».
Et de fait, les thèmes de discussion sont multiples : l’eau et la gestion des déchets, la lutte contre la dégradation des écosystèmes côtiers, la coopération méditerranéenne en matière de tourisme et d’habitat, la finance climat, le développement des énergies renouvelables.
On aura cependant l’absence du chef du gouvernement Abdelilah Benkirane… selon notre confrère Alyaoum24 (généralement bien informé sur les coulisses du PJD), son absence se justifie par sa volonté de ne pas conférer une légitimité au président de la région Ilyas el Omari et de couper court aux rumeurs affirmant l’éventualité d’une alliance future entre le PAM et le PJD. Selon la même source, la décision aurait été prise par la direction du PJD… Si cela se confirme, Benkirane refuse donc la légitimité d’un président élu d’une région et boycotte une conférence internationale pour des raisons de politique intérieure…