Pourquoi Benkirane n’a-t-il pas assisté à l’ouverture de la MedCop de Tanger
La conférence climatique sur le climat et ses changements dans le bassin méditerranéen, MedCop, qui s’est tenue à Tanger les 18 et 19 juillet, aura connu quelques hiatus protocolaires, dont le principal était l’absence du chef du gouvernement Abdelilah Benkirane, alors même que le Maroc organise la grand-messe planétaire de la COP22 programmée en novembre à Marrakech. Benkirane s’en est expliqué.
L’ouverture de la MedCop s’est déroulée en présence du prince Moulay Rachid et à cette occasion, un message royal a été lu devant l’assistance par le président de la Région Tanger-Tétouan-al Hoceima Ilyas el Omari, et c’est là que la bât blesse, ou a blessé, pour Benkirane. En effet, se confiant aux médias, le chef du gouvernement a expliqué que la présence du prince n’était pas prévue et que lui-même ne l’a appris qu’au tout dernier moment.
Et il a affirmé en outre à nos confrères d’Akhbar Alyoum qu’el Omari l’avait contacté personnellement trois jours avant l’ouverture des travaux de la conférence, et qu’il avait fortement insisté sur sa présence. Mais « je lui ai expliqué ma position sur le sujet, à savoir que ma présence allait conduire à une confusion politique dont nous n’avons nullement besoin pour le moment ». Que veut dire cela ?
Que le fait que Benkirane assiste à l’ouverture de la conférence co-organisée par l’Union pour la Méditerranée et la Région Tanger-Tétouan-al Hoceima pouvait être interprété comme un soutien du chef du gouvernement et du PJD à son adversaire politique principal Ilyas el Omari, secrétaire général du PAM. Mais il semblerait que c’est Benkirane qui fait une confusion, pris dans la logique de la campagne électorale… En effet, la conférence est internationale et la présence du chef du gouvernement y aurait été grandement appréciée, pour signifier le soutien au plus niveau gouvernemental de la politique du Maroc en matière de protection de la planète contre les effets du réchauffement.
Benkirane poursuit que « si Sa Majesté le Roi m’avait ordonné d’y aller, je n’aurais pas hésité, mais là il s’agit d’une invitation du président d’une Région… et j’ignorais la présence du prince de même que je ne savais pas qu’une lettre royale allait être lue devant l’assemblée ».
L’explication pourrait être convaincante si elle n’ouvrait pas sur une autre question… Comment et pourquoi donc le chef du gouvernement, qui ne cesse de vanter ses excellentes relations avec le roi Mohammed VI, n’avait-il pas été informé de la présence de Moulay Rachid, ni de la lecture de son message ? Cela signifierait-il, finalement, une fraîcheur dans ses relations ?
Il faut rappeler que lors de l’un de ses meetings devant les membres de son parti, le chef du gouvernement avait parlé de l’existence de deux Etats au Maroc, l’un dirigé par le roi, et l’autre agissant à sa guise, ce qui avait créé une certaine incompréhension du fait que l’affirmation avait été faite par le chef du gouvernement en exercice.
Toujours est-il que nous pouvons dire qu’Abdelilah Benkirane est déjà en campagne électorale et que dans sa ligne de mire, un seul homme, un seul adversaire, Ilyas el Omari.