A la Chambre des Conseillers, Benkirane délivre sa vision de l'éducation et de l'endettement

A la Chambre des Conseillers, Benkirane délivre sa vision de l'éducation et de l'endettement

Le chef du gouvernement Abdelilah Benkirane est passé hier mardi 19 juillet à la Chambre des Conseillers après la séance des questions orales, s’intéressant à plusieurs sujets phares à l’approche de la fin des travaux des deux Chambres, prévue pour la première semaine d’août. Au programme, la réforme du système éducatif et l’endettement du pays.

Apparemment bien chauffé, Abdelilah Benkirane a déclaré que la réforme du système éducatif a subi plusieurs tentatives qui ont échoué, d’où l’importance d’ouvrir un débat pour sauver l’éducation nationale. Selon lui, le Maroc doit renforcer sa gouvernance pour mettre fin aux problèmes de l’éducation. « Nous sommes un peuple qui a tendance à faire obstacle au succès », a-t-il lancé. D’où le besoin d’une volonté politique sérieuse pour réviser le système éducatif, qui rendra le respect des autres pays au baccalauréat marocain. De si grandes promesses pour un chef de gouvernement sur le point, peut-être, de céder sa place…

Abdelilah Benkirane s’est aussi intéressé au développement du budget consacré à l’éducation, qui a progressé de 31 milliards en 2008 à 45 milliards en 2016, soulignant que chaque élève dans une école publique coûte 6.000 DH par an à l’Etat. Benkirane nie ainsi les allégations de Abdelaziz Benazzouz, président du groupe Authenticité et Modernité, qui a accusé le gouvernement de réduire le budget dédié à l’éducation de 2 milliards de DH.

Quant à la formation professionnelle, Benkirane a cité l’exitence de 551 institutions publiques au Maroc et 1.382 écoles de formation privées, proposant 332 filières.

Abdelkrim Lahouichri, conseiller parlementaire du PJD, a déclaré que le gouvernement n’a pas évalué les résultats du programme d’urgence lancé en 2009, « parce qu’il a été exécuté par le contrôle », faisant allusion au PAM, ajoutant que ce programme, qui a bénéficié du budget colossal de 52 milliards de DH, n’a pas atteint ses objectifs.

Finis les grands chiffres, Benkirane passe aux insinuations. Il accuse aussi « le contrôle » de « fouiner là où il y avait le plus d’argent », en cherchant à dominer les ministères aux budgets les plus importants, tels que le ministère de l’Education nationale, clarifiant que l’éducation au Maroc a connu un échec à cause du règlement des comptes entre les acteurs de la scène politique marocaine.

Enfin, selon le chef du gouvernement, pour réaliser un succès dans le domaine de l’éducation, « les syndicats qui n’ont aucune légitimité » devront cesser leur grèves « bidons », et les membres du corps éducatif devront à leur tour mettre fin à leurs absences inexpliquées qui affectent leur rendement.

« Le Maroc est loin de l’endettement »

Selon Benkirane, le Maroc est loin d’une crise d’endettement, et ce « grâce aux efforts de ce gouvernement qui ont sauvé le budget du pays de la potence », à travers la réforme de la Caisse de Compensation et de la retraite. La preuve est que le taux d’inflation du premier semestre de 2016 n’a pas dépassé les 2%. « Le Maroc est dans une situation  confortable », assure Benkirane.

Mohamed Alami, président du groupe socialiste, désapprouve la solution du gouvernement pour remédier au déficit budgétaire : « Il est déplorable que ces prêts ne soient pas tous orientés vers l’investissement, mais soient plutôt exploités dans les charges de gestion et dans le remboursement des anciennes dettes », a-t-il ajouté. La preuve par le manque de ressources fiscales… Le Maroc est-il toujours aussi confortablement situé comme l’a affirmé Benkirane ?

Le Maroc a connu une « crise cardiaque » selon lui en 1984, puis en 2009 (encore une insinuation) lorsque le taux d’endettement avait enregistré une augmentation décourageante suite à l’alourdissement du déficit budgétaire et de la crise économique mondiale.

Wiam Amiri



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