Erdogan voudrait faire fermer les écoles Gülen au Maroc
C’est l’ambassadeur turc accrédité à Rabat qui le dit, très gentiment, et c’est la très officielle agence de presse Anadolu qui rapporte le propos… Ankara est disposée à apporter toute son aide aux autorités marocaines si celles-ci décidaient de fermer les écoles relevant du courant Gülen, désormais considéré comme terroriste par le régime turc.
Et les Turcs ont des arguments : d’abord, donc, Gülen est considéré comme terroriste depuis qu’il est solidement soupçonné par le président Recep Tayyip Erdogan d’être l’instigateur du putsch manqué du 15 juillet (après avoir été longtemps son mentor), et ensuite, plusieurs pays ont franchi le pays et fermé ces institutions Gülen dans leur pays. Qui sont ces pays ? Niger, Somalie, Guinée Equatoriale, Biélorussie.
La proposition turque est plutôt pressante car il s’agit d’une demande plus que d’un souhait, et cette demande s’accompagne des habituelles flatteries très diplomatiques de l'ambassadeur Éthen Barkan (photo, avec Salaheddine Mezouar), du type « contrairement à d’autres Etats, le Maroc a été l’un des premiers à condamner le coup d’Etat avant même l’annonce de son échec », ajoutant que « le Maroc n'a pas besoin de recevoir une liste du gouvernement turc à propos de ces écoles car les services marocains sont très forts et reconnus dans le monde pour ignorer cette présence ».
C’est vrai que le Maroc a adopté une position de condamnation du coup de force, mais ce n’est pas pour autant négociable. Rabat a eu une position de principe, fort salutaire et méritoire, mais il faut aujourd'hui attendre de voir comment évolueront les choses en Turquie.
En effet, le président turc devient de plus en plus irritable et irascible, versant dans un populisme consistant à caresser les mauvais instincts de son peuple, ou du moins la frange qui lui est favorable, n’hésitant pas à accuser « l’Occident de soutenir le terrorisme », mais oubliant sa politique ambigüe avec l’organisation terroriste dite « Etat islamique ».