Le PPS répond au communiqué du cabinet royal par un autre communiqué
Le fait, bien qu’il ait été attendu tout au long de la journée d’hier, est assez peu fréquent pour être souligné. Généralement, on ne répond pas au palais…on réagit, ou on prend acte, tout au plus. Le PPS, suite à la publication du rude communiqué du Cabinet royal contre les propos tenus par son SG Nabil Benabdalla, a répondu, réitérant son loyalisme, mais tenant à son indépendance dans la décision, sans toutefois revenir sur le terme « tahakkoum », duquel tout est parti.
Que dit le communiqué ? Que le PPS, réuni en Bureau politique, reste fidèle à son histoire de défense de l’intégrité territoriale du Maroc et de construction d’un Etat démocratique, « dans le cadre de la stabilité » et du respect des fondamentaux de la Nation, à leur tête l’institution royale, « à laquelle le PPS témoigne de sa haute considération et de son entier loyalisme », comme cela s’est toujours reflété dans les communiqués et décisions des instances dirigeantes.
Cela étant, le PPS déclare que, fidèle à son histoire et à la morale politique, « (il) fut, est et restera fidèle à son référentiel idéologique, à son actif militant et à l’indépendance de sa décision politique, en sa qualité de parti uni et solidaire » à travers tous ses organes et instances dirigeantes.
Concernant les rebondissements de la vie politique et de son actualité, commentées par le parti à travers son secrétaire général en sa qualité de porte-parole officiel du PPS, ce dernier estime que « cela est tout à fait ordinaire dans les sociétés démocratiques et traduit la compétition naturelle entre les partis et l’affrontement idéologique. Quant aux idées exprimées dans le cadre de l’évolution normale de la démocratie dans le pays, il s’agit de prises de positions qui ne remontent pas à la direction actuelle du PPS mais à bien avant ».
« Cette affaire se réduit à la confrontation naturelle entre les partis, et il n’a jamais été dans les intentions du PPS ni de son SG d’y impliquer l’institution royale, d’une façon ou d’une autre », affirme le communiqué, qui ajoute que « le PPS, et en considération à la nature de cette phase politique et de ce qu’elle requiert comme sagesse, clairvoyance, retenue et sens de la responsabilité », déclare que « l’intérêt supérieur du pays et du peuple requiert un engagement national authentique et la mobilisation de tous les moyens, pour que l’objectif ultime reste la lutte pour l’édification d’une société émancipée et démocratique afin de relever les nombreux défis qui se posent au Maroc d’aujourd’hui (…) dans le cadre d’une pratique démocratique égalitaire sous la haute protection de l’institution royale (…) que nous considérons comme l’arbitre suprême, placé au-dessus de toutes les considérations ».
En clair, le PPS ne regrette rien de ce qu’a dit Benabdallah en impliquant presque directement le conseiller Fouad Ali al Himma dans le « tahakkoum », mais n’explique rien non plus de sa position. Il utilise des mots et expressions que l’on devine très soigneusement choisis : « la stabilité » (élément de langage du PJD), « l’institution royale, à laquelle le PPS témoigne de sa haute considération et de son entier loyalisme » (pour répondre à l’accusation de non-pertinence des propos de Benabdallah accusés d’impliquer le palais), « l’indépendance de sa décision politique » (persistant et signant sur son refus d’être inféodé, mais sans dire à qui, comment et pourquoi), « parti uni et solidaire » (pour tordre le cou aux rumeurs sur la révocation ou la démission de Benabdallah), « tout à fait ordinaire dans les sociétés démocratiques » (comme pour signifier que nous ne le sommes pas encore). Enfin, le PPS semble dire que l’institution royale s’est sentie impliquée, alors qu’en réalité elle ne l’est pas, et il appelle à la sagesse, la clairvoyance, la retenue et le sens de la responsabilité, dans un passage qui est une réponse au mot « irresponsable » figurant dans le communiqué du palais. Pour cet appel à la retenue, à la sagesse, et à la modération, chacun est libre d’en faire la lecture qu’il voudra, et de définir à qui cela s’adresse…
On notera cependant le total mutisme de l'allié du PPS, en l'occurrence le PJD, dont ni les instances ni le secrétaire général Abdelilah Benkirane ne se sont prononcés sur cette affaire, ne mettant en ligne sur leur site ni le communiqué du palais ni celui du PPS.
AB