Lahcen Haddad démissionne du MP et met les points sur les « i »
Lahcen Haddad renie le parti de l’épi. Dans un communiqué publié ce mercredi 14 septembre, il annonce son départ du Mouvement Populaire et explique ses raisons en détails.
L’actuel ministre du Tourisme a le cœur gros suite au refus de sa candidature en tête de liste MP pour les législatives, une candidature qu’il pense légitime en raison de plusieurs critères dont sa position de ministre instruit, très instruit même, membre du Bureau politique du parti, et qui a surmonté toutes les épreuves avec succès.
Déçu de la décision de ses pairs dirigeants, Lahcen Haddad considère que le parti a perdu de son ardeur et manque désormais d’idées. Dans ce communiqué, il se plaint de son éviction de la tête de liste qu’il tient pour un règlement de comptes « en relation avec un passé récent mais aussi à des desseins liés à l’avenir du parti ».
Le ministre s’est désolé du départ des « élites compétentes et citoyennes et des notabilités (au sein du parti) qui disposent d’un enracinement profond dans la société » et assure dans son communiqué que le Mouvement Populaire n’est actuellement qu’un parti en dérive (possible), « un fardeau pour la scène politique marocaine ». Rien que ça.
Lahcen Haddad estime que les « choix stratégiques » du MP ne s’accordent plus avec ses principes. « Je quitte le MP, dont le système intérieur est à bout de souffle. Les sommités qui président à ses destinées s’approprient toutes les décisions majeures, tout en excluant les autres parties », ajoute le ministre. Selon lui, le parti est devenu exclusif aux notables, et « n’accorde aucune importance à l’intérêt général et les directives de l’État marocain ».
Cela dit, la démission du ministre n’a toujours pas été acceptée par le SG du parti, Mohand Laenser. Mais si cette décision est actée, Lahcen Haddad rejoindra les bancs des l’Istiqlal, selon son chef Hamid Chabat. Enfin, ce départ était prévisible et attendu: L’atmosphère entre Haddad et Laenser a été jusqu’ici chargée d’électricité, surtout depuis la candidature du ministre à la présidence du parti, et son bruyant retrait des travaux du conseil national du MP en mai 2014, un retrait en réponse à des attaques verbales qu’il aurait reçues de son rival, et qu’il n’oublie d’ailleurs pas de citer dans son communiqué.
Wiam Amiri