Marche contre l’islamisation de la société à Casablanca

Marche contre l’islamisation de la société à Casablanca

Ce matin, dimanche 18 septembre, quelques milliers de personnes ont manifesté contre « l’islamisation » de la société, en clair contre le PJD et surtout contre son chef Abdelilah Benkirane. Les initiateurs de la marche sont des sections locales de syndicats, principalement de l’UMT, mais la marche, quoique bien organisée, et bien encadrée, reste mystérieuse en l'absence d'aucune réaction ni revendication d'une quelconque organisation ou parti..

« Benkirane est un menteur, nos veuves n’ont pas reçu les allocations dont il se vante », nous dit un jeune homme, souriant mais ferme dans son propos. « Quand ma mère est allée pour recevoir son indemnité, on l’a baladée de bureau en guichet, d’administration en arrondissement, pour finalement lui dire que le Fonds dédié à cela n’est pas encore fonctionnel ».

Brahim S. nous explique pour sa part que « dans notre quartier, à Derb Soltane, des gens du PJD, accompagnés par l’imam de la mosquée, sont venus chez nous discrètement, hier soir, pour nous dire de ne pas sortir car c’est une marche contre l’islam, et l’islam est défendu par le PJD ».

Au total, la manifestation qui a démarré à l’intersection des boulevards el Fida (résistance) et Mohammed VI (on voyait quelques portraits de lui), devait aller jusqu’à la place de la Victoire (tout un programme). Ce n’était pas l’affluence des grands jours, tout juste quelque 3 ou 4.000 marcheurs, mais un syndicaliste entre deux âges, qui a demandé à ce que son syndicat ne soit pas cité « car il ne s’agit pas d’un mot d’ordre central », nous a promis que ce n’était là qu’un échauffement pour d’autres manifestations, plus imposantes, qui doivent se tenir durant la campagne électorale, laquelle  doit commencer le samedi 24 courant.

En revanche, une bande de jeunes, rigolards et manifestement fêtards, répondent ceci : "Nous, on nous a demandé de venir, et on est venus. On ne sait pas qui, ni pourquoi,mais on nous a demandé de crier contre Benkirane". Alors, ils le font, réduisant d'autant la crédibilité de la marche. 

Un policier en civil qui se trouvait là, nous a dit que « nous avons appris cette manifestation spontanée hier, comme vous, sur les réseaux. On a dû nous organiser très rapidement pour sécuriser le convoi ». Il est vrai que le mot d’ordre a fleuri sur internet, et surtout les réseaux sociaux, samedi 17 en milieu d’après-midi. Pourquoi ne pas l’avoir interdite alors ? « Pourquoi l’interdire, nous sommes prêts à toute éventualité et c’est la période. Les élections, c’est ça ! », nous répond l’officier de police.

Le chef du gouvernement Abdelilah Benkirane qui se sait visé par cette marche, a donné l’ordre à ses troupes, officiellement du moins, d’ « ignorer cette marche, comme si elle ne devait pas exister, et elle n’existera pas ». Ses troupes ont fait circuler des informations sur la Toile, montrant des bus garés à Rabat, et affirmant qu’ « on » avait mobilisé les gens en leur disant qu’il s’agissait d’aller manifester « contre le terrorisme ». Mais nous n’avons pas vu de slogans contre le terrorisme, mais contre Benkirane, sans que leurs porteurs ne soient forcément tous convaincus de ce qu'ils disaient.

On reste sur notre faim...

AB



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