Eric Laurent et Catherine Graciet marquent un point dans leur procès pour chantage
La Cour de cassation française a émis un arrêt en faveur des deux journalistes accusés de tentative de chantage et d’extorsion de fonds sur la personne du roi Mohammed VI, en août 2015. En effet, Les deux enregistrements les mettant en cause ont été jugés « illégaux» par la Cour. Un coup de théâtre inattendu et inespéré de la part des deux journalistes français.
En effet, estime le tribunal, les enregistrements sont illégaux car ils avaient été menés avec la « participation indirecte » des enquêteurs français, « sans le consentement des intéressés », et cela alors qu’il s’agissait de «propos tenus par eux à titre privé ». En droit français, une victime de chantage peut réunir les éléments de preuve qui permettent d’établir les faits, mais pas en impliquant des officiers ou des personnels judiciaires, ce qui a été le cas.
Et donc, la Cour de cassation considère que cela « porte atteinte aux principes du procès équitable et de la loyauté ». La juridiction a, par conséquent, renvoyé l’affaire devant la chambre de l’instruction. Les avocats des deux journalistes affirment qu’il sera désormais difficile pour les juges de condamner Eric Laurent et Catherine Graciet, car les deux bandes figurent parmi les éléments principaux à charge contre eux, et ils ont été invalidés. « C’est une grande victoire », proclament les avocats des journalistes.
De son côté, le défenseur du palais, Me Eric Dupond-Moretti, est atterré, mais en bon avocat, déclare que : « Si vous êtes victime d’extorsion de fonds, surtout ne prévenez ni la police ni le procureur. Pour le moment, il reste les faits reconnus pendant l’audition et l’argent remis lors du dernier rendez-vous. Ni la garde à vue, ni les interpellations, ni les aveux ne peuvent, en tout état de cause, être annulés à la suite de ces enregistrements. La cour d’appel peut résister à cet arrêt de la Cour de cassation, c’est ce que nous l’invitons à faire ».
Les juges qui examinent cette affaire ne pourront donc plus se fonder sur les enregistrements, mais sur des faits et des aveux. Or, les aveux, il y en a eu de la part d’Eric Laurent et de Catherine Graciet lors de leur garde à vue et sur les plateaux télé où ils avaient été secoués par leurs confrères, qui les avaient obligés à reconnaître qu’ils voulaient de leur argent en échange de la non-publication d’une enquête journalistique. Et les faits, ce sont les enveloppes de 40.000 euros trouvés sur eux au moment de leur interpellation.
Cet arrêt de la Cour de cassation ne pourra donc que retarder le jugement de cette affaire, car l’aspect moral joue très nettement en défaveur des deux journalistes.