Abdelkrim Motiî accable Abdelilah Benkirane, qui se tait…

Abdelkrim Motiî accable Abdelilah Benkirane, qui se tait…

Abdelkrim Motiî est le chef, en exil, de la Chabiba Islamiya marocaine, cette organisation qui a été très active au Maroc dans les années 70 et qui a été accusée d’avoir assassiné le leader de gauche Omar Benjelloun en 1975. Le chef du gouvernement sortant a été membre de cette organisation dans sa jeunesse, avant de la quitter et de fonder la Jamaâ Islamique. Motiî vient de s’inviter dans le débat électoral qui se tient aujourd’hui au Maroc, et il porte de graves accusations contre Benkirane.

En décembre 1975, juste après l’assassinat d’Omar Benjelloun, Motiî prend la fuite, avant d’être condamné à vie, puis à mort, par contumace. Après un exil dans la Libye de Kadhafi, il s’en va au Royaume-Uni, où il réside toujours et où il s’est fait oublier de l’opinion publique. Les Marocains ne le connaissent donc pas mais aujourd’hui, il se rappelle à leur bon souvenir en jetant un gros pavé dans la mare.

La semaine dernière, en effet, le SG du PAM Ilyas el Omari avait cité le nom de Motiî, précisant que c’est lui le premier qui avait employé le mot de tahakkoum. Cela remontait à l’année 1971. Mais le chef islamiste ne semble pas avoir apprécié d’être cité par le SG du PAM, et il s’est alors fendu d’une précision publiée sur sa page Facebook.

Qu’y dit-il ?

1/ Qu’il s’interdisait de s’impliquer dans la politique marocaine, mais qu’il y est aujourd’hui obligé, à son corps défendant, suite à sa citation par el Omari ;

2/ Qu’il n’a jamais utilisé le mot de tahakkoum auparavant, mais plutôt celui d’ « autoritarisme » qui, selon lui, définit mieux la réalité politique marocaine et qu’i avait employé avant même qu’il ne fonde le mouvement islamiste marocain ;

3/ Que le mot tahakkoum traduit une personnalisation du conflit partisan en vue d’une intrusion future au sein du Cabinet royal et d’une prise de contrôle des centres de décision. Cela passerait préalablement par la mise à l’écart du conseiller Fouad Ali al Himma comme premier pas vers un objectif plus large, en l’occurrence la chute de la monarchie. Et tout cela participe d’un plan concocté à partir de pays étrangers connus ;

4/  Que lui, Motiî et les siens, n’ont rien à voir avec ce conflit personnalisé, pas plus qu’ils ne sont concernés par les « étrangers » qui s’activent au Maroc et qui instrumentalisent pour ce faire leurs affidés marocains.

Quel crédit accorder à ces propos ?

Abdelkrim Motiî a été le chef de la Chabiba islamique et, plus généralement, de la mouvance islamiste au Maroc, qui a vu le jour dans les années 70. Le jeune Benkirane y est entré au lendemain de l’assassinat de Benjelloun, avant de créer sa Jamaâ islamique, laquelle a donné plus tard le Mouvement Réforme et Renouveau, qui a créé le MUR.

Motiî a donc été d’une manière ou d’une autre le père spirituel de Benkirane, et de ce fait, on peut supposer qu’il le connaît bien, de même qu’il maîtrise les arcanes du mouvement islamiste mondial, dominé par les Frères musulmans.

Mais Abdelilah Benkirane est le chef du gouvernement marocain, et on peut supposer qu’avant sa nomination à cette fonction qui en fait le n°2 du Maroc, il a dû faire amende honorable. On ne peut donc que lui accorder le bénéfice du doute, voire même de la probité morale. Mais alors, pourquoi n’a-t-il ni répondu ni réagi à cette attaque frontale d’un homme qui le connaît bien ?

AB



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