La famille Rouissi demande la vérité sur la disparition d’Abdelhak Rouissi

La famille Rouissi demande la vérité sur la disparition d’Abdelhak Rouissi

52 ans après la disparition, et sans doute l’assassinat, d’Abdelhak Rouissi, sa famille demande toujours à connaître la vérité, « pour pouvoir faire son deuil sur sa tombe », explique-t-elle dans un communiqué. La famille Rouissi est l’une des rares à avoir payé à travers plusieurs de ses membres le prix fort des années de plomb, et sa quête de la vérité est tout simplement… humaine.

En effet, dans leur communiqué, les Rouissi précisent bien qu’ils « n’ont pas demandé d’indemnisation et n’en (demanderont) pas, que (leurs) actions ne sont mues par aucune vengeance et que seules comptent pour (eux) la vérité sur le sort de (leur) frère, et la possibilité de pouvoir l’enterrer dignement et avoir ainsi une tombe pour (se) recueillir ».

La sœur Khadija, qui était encore bébé quand son frère avait disparu, était celle qui avait placé cette affaire au cœur de l’opinion publique dans les années 80. Membre de l’Instance Equité et Réconciliation, aux côtés de son ami feu Driss Benzekri, elle avait tout tenté pour faire la lumière sur ces disparitions qui sont en fait et très certainement des assassinats.

Dans leur communiqué, les membres de la famille du « disparu » regrettent que personne n’ait entendu le défunt « infirmier Hassouni », l’homme des basses œuvres de ces années de plomb, qui avait une connaissance précise des cas de mort et de disparition. Las…

Aujourd’hui, rappellent les Rouissi, il existe encore des personnes qui sont encore vivantes, bien qu’âgées, et c’est parce qu’elles sont âgées que frères et sœurs d’Abdelhak demandent leur audition par les autorités, pour recueillir leurs témoignages, et savoir enfin ce qui est arrivé ce fameux 4 octobre 1964, et les jours suivants.

Qui était Abdelhak Rouissi ? Un homme de « gauche » de l’époque, qui avait les idées de sa famille politique, sans vraiment représenter un danger national. Il était opposé à la « constitution octroyée », comme on désignait à l’époque la Loi fondamentale taillée sur mesure par et pour le roi Hassan II, de même qu’il avait une opinion assez tranchée sur la guerre des Sables entre le Maroc et l’Algérie. Mais à cette époque-là, quand on n’épousait pas les thèses officielles, on était un opposant, avec tout ce que cela comportait comme risques.

Puisse le cri du cœur et du sang des Rouissi être entendu. Aujourd’hui, le Maroc est apaisé… que la famille d’Abdelhak le soit aussi.



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