Des cas de violence signalés lors de la campagne électorale
Les violences en période de campagne électorale sont bien malheureusement routinières, et dans le monde entier, mais cette année on y constate une certaine recrudescence au Maroc. En cause, les deux partis qui font la course en tête, à savoir le PAM et le PJD.
Selon des informations en provenance de la région de Kenitra, un chef d’arrondissement a été rudement pris à partie par un groupe de partisans du PJD. Alors que ceux-ci entreprenaient d’organiser un meeting non autorisé, l’agent d’autorité est intervenu pour les en empêcher, leur demandant de se mettre en conformité avec la loi. Les jeunes gens l’ont alors agressé, et il a été transporté, inconscient, à l’hôpital militaire de Rabat. Une enquête a été ouverte.
Puis, à Berkane cette fois, la même cause a engendré les mêmes effets. Un meeting improvisé, toujours par les sections locales du PJD, et un caïd qui vient suspendre cette activité, dans l’attente d’une autorisation dûment délivrée par les autorités locales. Et là encore, les jeunes du PJD l’ont frappé, l’obligeant à battre en retraite et d’aller à l’hôpital recevoir des soins.
Mais les cas de violence ne sont pas uniquement le fait du PJD. Le PAM lui aussi y contribue. Et cette fois, c’est une lutte entre le PPS et le PAM qui a été enregistrée dans la région d’Azilal. Et alors que le PAM reste silencieux sur cette affaire, le PPS de Nabil Benabdallah a publié un communiqué dans lequel il explique que lors d’un meeting samedi 1er octobre, des sympathisants du PAM ont tout fait pour perturber la manifestation. Et face à la retenue des partisans du PPS, le lendemain, les gens du PAM sont passés à la vitesse supérieure en bloquant le passage au convoi du PPS, et en cassant ses voitures. Un militant du PPS a même été atteint à la tête, ce qui lui a valu un certificat médical d’incapacité pour 40 jours. Le PPS a déposé plainte auprès des autorités judiciaires concernées, tout en affirmant craindre un penchant et une préférence des autorités pour un parti donné, en l’occurrence le PAM.
On notera que dans cette campagne, et des deux blocs qui se dégagent, PAM d’un côté et PJD/PPS de l’autre, les insultes sont omniprésentes, et peuvent mener des sympathisants enthousiastes et excités, à en venir aux mains. On sait que Benkirane pense et dit pis que pendre d’el Omari qui, jusque-là, s’est retenu, avant de répliquer au chef du gouvernement qui a évoqué l’épouse d’el Omari en disant que personne ne la connaît, contrairement à son épouse à lui, devenue femme publique. Réponse d’el Omari : « Ma femme n’est pas un tableau, ou un lustre ou encore une poupée comme celles qui alimentent la chronique à Derb Omar ». La charge est très rude.
L’affaire se personnalise donc entre les deux ennemis intimes que sont devenus Benkirane et el Omari, l’un et l’autre se lâchant en cette fin de campagne électorale, avec un prolongement de leur détestation mutuelle auprès de leurs troupes..