Le PJD met la pression et suggère la possibilité de fraudes massives, au cas où…
Le scrutin n’a pas encore eu lieu que déjà les chefs du PJD agitent l’épouvantail de la fraude électorale, qu’ils imputent aux agents d’autorité. L’acte est symbolique puisque la charge vient des deux premiers sur la liste du PJD à Rabat, et qui sont par ailleurs secrétaire général-adjoint du PJD Slimane Elomrani et maire de la capitale, Mohamed Sadiki.
Ils en appellent au président de la Commission de suivi des élections pour l’enjoindre à « faire cesser les agissements des agents d’autorité qui, dans tous les arrondissements de Rabat, font campagne en faveur du PAM, mettant à mal le devoir de neutralité qui est le leur en pareilles circonstances ». Pas de preuve, même si l’accusation est grave. Puis, bien évidemment, ils dénoncent « la non-obéissance aux directives royales ».
Les deux candidats expliquent que lesdits agents d’autorité ont recours aux menaces et aux intimidations dans les bidonvilles, « exhortant les populations de ces cités à voter PAM sous peine de ne pas bénéficier des programmes de recasement, alors même qu’on ferme les yeux sur la construction d’étages non réglementaires ». Elomrani et Sadiki disent que ces agents de l’Intérieur ont été enregistrés, mais ils se gardent bien d’apporter la preuve matérielle de leurs enregistrements.
On ne prête qu’aux riches, certes, et l’Intérieur a une longue histoire d’intimidation électorale. Ce discours prend très vite auprès des populations, mais cette année, le ministre de la Justice copréside la Commission de suivi des élections, mais rien n‘a été signalé par cette instance.
Que veulent dire ces comportements ? Tout simplement que le PJD s’apprête à contester la régularité de l’élection s’il venait à ne pas être en première position à l’issue du scrutin. Dans le cas contraire, il se taira. Cela augure de jours sombres pour la démocratie dans ce pays, bien que depuis 2002, et de l’aveu même d’Abdelilah Benkirane, la régularité des élections n’est plus remise en cause par personne.