Le champ politique se clarifie, et la classification gauche/droite n’existe pas

Le champ politique se clarifie, et la classification gauche/droite n’existe pas

Les Marocains ont toujours présenté leur classe politique en termes de gauche et de droite, une logique importée de France, avec sa terminologie. Et depuis 50 ans que sont organisées des élections sous nos latitudes, on s’est plu à reprendre cette classification. Qui est fausse.

Au Maroc, la droite n’est pas nécessairement à droite et la gauche encore moins. Classiquement, et depuis la Révolution française au moins, la droite représentait le camp défendant les valeurs les valeurs d'autorité et d’ordre, d'identité nationale,  de sécurité, de tradition et de conservatisme, puis plus tard de libéralisme économique. En face, la gauche met en avant les idées de progrès, d'égalité, de solidarité, et en économie des politiques à prédominance sociale, centrée sur l’Homme. Et même en France, aujourd’hui, ces deux valeurs sont bousculées par le centre et les extrêmes, plus d’autres regroupements d’idées aux idées transversales. Les sociétés changent et mutent, et les champs politiques s’adaptent.

Cette classification gauche-droite ne reflète finalement qu’une bipolarisation de la vie politique, que l’on retrouve dans les anciennes et grandes démocraties, mais chacune avec sa culture et son histoire en premier. Aux Etats-Unis, ce sont les partis républicain et démocrate, en Grande-Bretagne, les conservateurs et les travaillistes (aux appellations plus claires), en Espagne, c’est le Parti socialiste ouvrier et le parti populaire…

Et au Maroc ?

On a souvent eu coutume de ranger à droite des partis dits de l’administration, UC, RNI, MP dans une moindre mesure car plus ancien, et le PAM, plus récemment. L’Istiqlal faisait aussi partie de cette catégorie, quoique lui l’était en vrai car représentant la bourgeoisie fassie.

A gauche, on trouvait le PPS, ci-devant communiste, et l’USFP, qui l’était en quelque sorte puisque socialiste.

Mais cette classification ne saurait tenir dans un pays comme le Maroc où le roi disposait jadis de tous les pouvoirs, et aujourd’hui d’attributions très étendues. De plus, les partis français de gauche et de droit recèlent depuis leur création un très fort potentiel intellectuel où les femmes et les hommes militent pour leurs idées, les exposent et les opposent avec les variantes de chacun.

Au Maroc, on adhère à un parti pour devenir ministre, ou haut fonctionnaire avec, comme objectif non avoué, d’être appelé un jour béni par le palais royal pour servir au cabinet royal. Le militantisme et les idées, bien qu’existantes chez plusieurs des cadres partisans, ne sont pas la vertu première ni le souci principal.

Aujourd’hui 8 octobre, nous avons désormais deux partis dominants, le PAM et le PJD, et les deux sont ancrés dans ce qu’on pourrait appeler la droite dans l’identité, la Tradition (avec majuscule), mais marqués aussi à gauche dans la composante sociale de leurs programmes. Il n’y a pas lieu de scinder cette scène polarisée en gauche et droite.

Les partis du royaume obéissent donc à une autre logique, remontant à notre histoire récente et à la nature de notre régime politique : les partis du mouvement national (USFP, Istiqlal, et quelque peu le PPS), les partis de l’administration (royale, s’entend), les partis « personnels » et/ou « familiaux (parti libéral, MDS), et les formations d’obédience islamiste depuis une vingtaine d’années.

AB



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