Ils ont réussi… ils ont échoué…

Ils ont réussi… ils ont échoué…

Le scrutin du 7 octobre a permis de clarifier quelque peu la scène politique, en interdisant l’accès de l’hémicycle à plusieurs personnalités connues, de même qu’il a ouvert les portes de la même enceinte à des nouveaux entrants. Belles et cruelles (courtes) histoires…

Les promus

Fouzi Chaâbi

Il a été élu à Kenitra à bord de son tracteur du PAM. Fis du défunt homme d’affaires Miloud Chaâbi, qui avait fait de Kenitra son fief électoral, en plus d’Essaouira, sa ville d’origine, Fouzi est actuellement dirigeant du groupe Ynna Holding. Il avait créé la surprise en annonçant voici quelques semaines sa candidature sous les couleurs du PAM.

Mohamed Ouzzine

On se rappelle de lui et il se rappelle à notre bon souvenir. Mohamed Ouzzine est ancien ministre de la Jeunesse et des Sports et aussi l’homme du scandale du complexe de Rabat lors du Mondial des clubs 2014.Il avait été un peu brutalement démis de ses fonctions en janvier 2015, puis avait été battu aux élections communales de la même année. Homme influent au sein du MP, et (car ?) gendre de la femme de fer de cette formation Halima Assali, il vient d’être élu, revenant en politique par la fenêtre du parlement après en avoir été écarté par le gouvernement.

Samir Abdelmoula

Lui, il a été maire PAM de Tanger en 2009, puis dissident de ce parti en devenant membre du PJD. Depuis qu’il avait quitté la présidence du Conseil de la ville de Tanger (il est fils du patron de la société Comarit), fin 2010, il avait un peu disparu des radars et des sonars. Le voilà qui revient, élu second sur la liste PJD du ministre sortant Najib Boulif. L’homme à l’éternel sourire,pourra le garder cette fois.

Fatima Zahra Mansouri

Elle, elle est avocate, ancienne présidente du Conseil de la ville de Marrakech et surtout présidente du Conseil municipal du PAM, et donc son numéro 2. Elle avait été battue aux communales, n’ayant pas pu se maintenir à la tête de la mairie, qui lui avait été ravie assez triomphalement par le PJD. Elle vient d’être élue au parlement. Elle se rêvait ministre, elle sera députée.

Les recalés

Leur histoire est plus triste, et plus poignante. Ils étaient au parlement, et n’y seront plus désormais.

Karim Ghellab

Il est le grand, très grand perdant de cette élection, puisqu’il n’aura pas réussi à se faire réélire (à Casablanca Sbata) à cette Chambre des représentants qu’il a présidée durant deux ans et demi, de fin 2011 à mi 2014. Il a été également un bon ministre de l’Equipement, durant près de 10 ans. Ingénieur de formation, il a fait de la politique un métier, mais la politique est un métier… Il restera, pour se consoler, membre du Comité exécutif du parti de l’Istiqlal.

Yasmina Baddou

Pour elle, l’Istiqlalienne fille du grand Istiqlalien Abderrahmane Baddou, les choses sont plus normales. Elle avait déjà été élue au parlement en 2011, avec grande difficulté. Peu populaire, furtive d’une élection à l’autre, elle a été ministre de la Santé très controversée, puis héroïne malgré elle de l’affaire de son appartement à Paris. Elle restera elle aussi membre du Comité exécutif du parti de l’Istiqlal.

Najib Ouazzani

Le chirurgien originaire du nord a été battu dans son nord, à al Hoceima, où il s’était présenté sous les couleurs du PAM. Etoile filante et très papillonnante de la politique, il est secrétaire général du parti Ahd (qui s’est présenté aux élections, mais sans son SG), et il a été aussi secrétaire général adjoint du PAM, avant de le quitter pour s’en aller tenter sa chance avec le PJD. Son objectif était de battre la liste d’Ilyas el Omari dans la ville de ce dernier, qui lui infligé un solide et cruel camouflet. La politique devient en quelque sorte logique dans le royaume.

Nabila Mounib

Elle est l’icône des réseaux sociaux et des salons. Elle est la cheffe de la Fédération de la Gauche démocratique et elle avait préféré se porter candidate sur la liste nationale, ce qui lui avait valu plusieurs critiques, qu’elle balayait d’un geste impérieux. Chantre de la monarchie parlementaire et du peuple, elle n’a pas été reconnue par ledit peuple. Elle voulait porter la voix des Marocains au parlement, mais les Marocains ne lui ont pas donné leurs voix pour le parlement.



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