Communiqué du PJD après la désignation d’Abdelilah Benkirane à la tête du gouvernement
Le roi Mohammed VI a donc renouvelé sa confiance dans Abdelilah Benkirane, le chef du gouvernement sortant et secrétaire général du PJD. Le parti a remporté 125 sièges aux élections du 7 octobre, devançant largement son suivant le PAM, 102 députés. Si la constitution stipule que le chef du gouvernement doit être issu des rangs du premier parti, rien n’obligeait en revanche le roi à désigner le secrétaire général dudit parti. Mais il l’a fait.
L’instance dirigeante du PJD s’est donc réunie lundi soir après l’audience accordée par le chef de l’Etat au chef du gouvernement sortant. Dans le communiqué, les chefs du PJD se félicitent du fait que « le roi ait veillé à mettre en œuvre les dispositions constitutionnelles ». Il n’avait pas le choix, la loi est la loi.
Cependant, le roi pouvait nommer quelqu’un d’autre, et les pronostics allaient vers le président du Conseil national et ancien ministre des Affaires étrangères Saâdeddine Elotmani, le ministre de la Justice et des Libertés Mustapha Ramid et le ministre de l’Equipement et du Transport Aziz Rabbah. Mohammed VI a fait simple, choisissant le Secrétaire général Abdelilah Benkirane. Le communiqué ajoute donc, à raison, que le roi a aussi décidé de respecter « la méthodologie démocratique », collant au choix fait par les membres du PJD qui avaient renouvelé leur confiance dans leur chef lors du Congrès extraordinaire tenu en mai.
On notera donc cette indéniable avancée démocratique au Maroc, qui s’est déclinée en deux temps : d’abord la désignation du chef du gouvernement 30 heures après l’annonce des résultats définitifs (ceux de la liste nationale ont été confirmés dimanche 9 au matin), et ensuite le choix porté sur le chef du parti arrivé gagnant.
Il s’agit de la première fois dans l’histoire du Maroc qu’un chef du gouvernement soit reconduit une seconde fois dans sa fonction, après un succès électoral. Du temps d’Hassan II, le Premier ministre était nommé à l’entière discrétion du roi, tant dans le choix de la personne que dans celui du timing.