L'USFP remet les élections en cause et s'apprête à saisir le roi
Suite aux résultats calamiteux de l’USFP aux dernières élections législatives, avec 20 élus (contre 42 en 2011), le Bureau politique s’est réuni ce lundi 10 octobre et a décidé d’adresser un mémorandum au roi Mohammed VI, en sa qualité de garant des institutions, pour lui faire part des dysfonctionnements qui ont émaillé la campagne de plusieurs partis, et essentiellement le PJD.
Les socialistes de Driss Lachgar ont donc décidé de saisir le chef de l’Etat sur ce qu’ils considèrent comme des fraudes massives survenues lors de ce scrutin, comme l’utilisation de l’argent pour acheter les voix, l’instrumentalisation de la religion et aussi l’intervention des agents d’autorité pour soutenir des candidats au détriment d’autres.
Le Bureau politique regrette que le gouvernement sortant de Benkirane n’ait pas donné suite à ses revendications sur un arsenal juridique adéquat et apte à empêcher tous ces dysfonctionnements de l’opération électorale. Celle-ci a donc abouti à des résultats qui, selon l’USFP, ne traduisent pas sa place réelle et naturelle sur l’échiquier politique.
L'USFP conteste cette domination - artificielle selon lui - du PAM et du PJD, qui ne répond à aucune considération politique, économique et sociale et qui n'est due, toujours d'après les socialistes, qu'à l'argent et aux aides matérielles distribuées sous couvert de bienfaisance. pour le parti de Lachgar, les associations religieuses de prédication servent à la mobilisation des foules, et cela est facilité par la décision de faire du vendredi le jour du vote, ce qui permet son instrumentalisation religieuse sur le plan électoral.
Le Bureau politique veut pour preuve de tout cela que même le parti qui a dirigé le gouvernement et à ce titre veillé sur les élections, a contesté cette élection et aussi l'ensemble des institutions du pays !
Si Driss Lachgar et ses camarades envoient effectivement ce mémorandum au roi Mohammed VI, l’USFP sera le seul parti à mettre en doute la régularité de l’élection, une élection que le CNDH et plusieurs capitales européennes en plus de Washington ont pourtant estimé s’être déroulée dans les règles convenues.
Mais il faut dire que l’USFP était l’un des partis ayant demandé l’abaissement du seul électoral de 6 à 3%, afin de se donner les moyens légaux de conserver son groupe parlementaire. Cela signifie que le parti de Driss Lachgar, et en dépit des affirmations de celui-ci sur le fait que son parti se classerait premier, prévoyait une rude contre-performance le 7 octobre. Elle s’est produite.