Les actes de Mustapha Ramid et d’Abdelilah Benkirane donnent une indication sur les 5 ans à venir

Les actes de Mustapha Ramid et d’Abdelilah Benkirane donnent une indication sur les 5 ans à venir

Mustapha Ramid est l’un des dirigeants les plus en vue du PJD, à la fois respecté et redouté. Ministre de la Justice et des Libertés durant ces 5 dernières années, il a été très exposé durant la législature qui s’est achevée vendredi 7 octobre. Ces derniers jours, il a eu un comportement particulier qu’il faut relever, de même que celui de son chef Abdelilah Benkirane. La campagne a montré bien des choses.

Acte 1 : Le statut facebook du 18 septembre. Mustapha Ramid, coprésident avec Mohamed Hassad de la Commission de suivi des élections, publie un statut Facebook disant qu’il se passe des choses bizarres et étranges et qu’il rejette toute responsabilité dans ce qui pourrait advenir durant de la campagne électorale et lors su scrutin. Il se désolidarise donc totalement de son collègue de l’Intérieur et le place dans une position défensive et fébrile.

Acte 2 : Lors de la soirée d’annonce des résultats, c’est le seul ministre de l’Intérieur Mohamed Hassad qui vient devant les caméras, accompagné de son ministre délégué Draïss. Mustapha Ramid n’est pas présent, mais il est en revanche au siège de son parti, alors même qu’il aurait dû se trouver aux commandes de l’opération de dépouillement. Encore une fois, il se désolidarise, et affiche son appartenance au parti plus qu’au gouvernement.

Acte 3 : Abdelilah Benkirane n’en peut plus d’attendre l’annonce des résultats, alors il va au-devant des caméras et affirme que le PJD est arrivé premier, devançant le ministre de l’Intérieur. Le geste n’est pas passé inaperçu par Mohamed Hassad qui a eu une tirade contre le PJD lors de son allocution sur les résultats.

Acte 4 : Mustapha Ramid accompagnait, selon les médias, sans que cela ne soit démenti, son patron Abdelilah Benkirane au palais royal de Casablanca où ce dernier devait être reçu par Mohammed VI pour y être nommé chef du gouvernement. L’acte n’a aucune signification légale mais est indicateur de plusieurs choses. D’abord, qu’il y a de grandes chances pour que Ramidl soit reconduit au ministère de la Justice. Ensuite, qu’il est désormais consacré comme numéro 2 du PJD, une fonction qu’il remplira certainement très convenablement, en lieu et place de Saâdeddine Elotmani.

Lors d’une récente conférence tenue dans les locaux de l’Institut marocain des relations internationales, le constitutionnaliste Mustapha Sehimi avait une cette prémonition, deux jours avant le scrutin : « Si le chef du gouvernement est reconduit, nous aurons un autre Benkirane, qui n’était pas celui de la législature 2011-2016 ». On en voit se dessiner les contours, à travers une foule de petits détails :

1/ Lors de la campagne électorale, tout le monde aura remarqué la prééminence de la première personne du singulier dans les phrases de Benkirane :

2/ Le chef du gouvernement s’adresse directement au peuple, qu’il dit vouloir appeler aux urnes s’il ne parvient pas à former de majorité, dans le cas où il serait reconduit ;

3/ Il s’attaque directement au ministre de l’Intérieur, alors que jusque-là il se retenait de le faire ;

4/ Il a devancé Mohamed Hassad pour annoncer sa première place du PJD dans ces élections.

Benkirane II n’est pas Benkirane I, comme le disait Sehimi. Il reste à former le vœu qu’il s’inscrira davantage dans une vision sécularisée de sa fonction, et qu’il se montrera moins clivant sur le plan social.

AB



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