Bruxelles annonce l'approbation d'une dotation de 389 millions d'euros au Maroc
La Commission européenne a annoncé hier l'approbation de nouveaux programmes de coopération avec le Maroc, d'une dotation totale de 389 millions d'euros. Cette aide s'inscrit dans le cadre des plans de l'UE visant à contribuer à la stabilité et à la modernisation d'un voisin essentiel à la sécurité de l'Europe et à l'amélioration du contrôle de l'immigration. « Le moment est venu de donner un nouvel élan à nos relations », a déclaré Josep Borrell, haut représentant de la politique étrangère de l'UE.
Le Maroc a longtemps attendu que l'Union augmente le paquet d'aide destiné, essentiel pour le contrôle des flux migratoires d'un continent à l'autre. « Le Maroc joue un rôle clé en tant que partenaire de l'UE », a résumé la commissaire européenne au voisinage, Olivér Várhelyl. Les résultats de cette négociation continuent d'arriver: l'un des programmes approuvés hier aura 289 millions d'euros pour soutenir les réformes dans le domaine de la protection des personnes vulnérables, de l'éducation, de la santé, de l'administration publique, de la protection des droits de l'homme et du maintien de Des institutions telles que le Parlement marocain. Une partie du chapitre consacré aux personnes vulnérables couvrira également l'aide liée à la migration.
La politique migratoire constitue un élément tellement stratégique des relations de l'UE avec le Maroc que le deuxième programme, de 101,7 millions d'euros, est entièrement consacré à la gestion des frontières et à la lutte contre la traite des êtres humains. Ce poste financera l'introduction de nouvelles technologies dans les contrôles aux frontières terrestres et maritimes et dans les aéroports.
Bruxelles, à la demande de l'Espagne, a intensifié sa coopération avec le Maroc en 2018, lorsque le nombre de départs irréguliers de ses côtes a fortement rebondi. L'ancienne Commission européenne, présidée par Jean-Claude Juncker, a annoncé plusieurs programmes d'aide, souvent décrits comme insuffisants par Rabat, mais qui ont été maintenus et augmentés. La coopération a permis de réduire les flux, qui ont chuté de façon spectaculaire en 2019. Les dernières données du ministère de l'Intérieur, jusqu'au 15 décembre, montrent que sur la route dite de la Méditerranée occidentale, la réduction des arrivées a été de 50% en par rapport à la même période de 2018.
Les Marocains continuent d'être la nationalité la plus nombreuse parmi les nouveaux arrivants (ils représentent environ 20%), suivis de leurs voisins algériens qui sont un peu plus de 11%. Le Maroc, d'autre part, comme le souligne la Commission européenne, « est devenu au cours de la dernière décennie un pays d'origine des migrants vers un pays de transit et même de destination des migrants subsahariens. »
A Bruxelles, la présence importante de jeunes et de mineurs non accompagnés parmi la population migrante qui traverse la Méditerranée en bateau est préoccupante. Une partie du programme d'immigration approuvé cette semaine sera consacrée à des campagnes d'information entre les membres de la famille et l'environnement de ces jeunes pour avertir des dangers de l'odyssée des migrations irrégulières.