Affaire Omar Radi : le comité de soutien décide de porter le combat
L’arrestation du journaliste Omar Radi continue de défrayer la chronique au-delà des frontières du Maroc. Plusieurs médias internationaux sont revenus l’arrestation d’Omar Radi suite à des « insultes » qu’il aurait proféré à l’endroit du pouvoir judiciaire.
Le New-York times est revenu sur les cas du Youtuber, de Mohammed Sekkaki mais aussi d’Omar Radi. Dans son article, le journal newyorkais rapporte que « les défenseurs de la liberté d'expression disent que les mesures prises jeudi sur l’affaire Omar Radi reflètent la pression croissante contre ceux qui utilisent les réseaux sociaux pour exprimer leur colère face aux problèmes économiques et sociaux du pays ».
Pourtant l’arrestation de M. Radi est loin d’être un cas isolé, selon « Le Comité national pour la libération du journaliste Omar Radi et de tous les prisonniers d'opinion et pour défendre la liberté d'expression », « le Maroc est témoin d'une campagne de harcèlement contre les journalistes et les militants de la société civile. » Des journalistes dont Hamid El Mahdaoui et Toufik Bouachrine ont été arrêtés et emprisonnés. Et dernièrement, les autorités ont également arrêté le rappeur Simo Gnawi pour «insulte à la police».
Dans son rapport 2019, Reporters sans frontières a classé le Maroc 135. L'organisation a critiqué l'utilisation du pouvoir judiciaire pour exercer des pressions sur les journalistes marocains et interdire les visas de travail aux agences de presse étrangères.
« Le comité national pour la libération du journaliste Omar Radi et de tous les prisonniers d'opinion et pour défendre la liberté d'expression » à la sortie d’une réunion au siège de l'Association marocaine des droits de l'homme, déclare dans un communiqué, publié le vendredi 27 décembre 2019, qu’il « vise à lutter pour la libération du journaliste Omar Radi et de tous les prisonniers d'opinion, à dénoncer et à résister à l'attaque de l'État contre la liberté d'expression et à protéger le droit de chaque citoyen d'exprimer librement ses opinions et de critiquer l'État et ses institutions. ».Toutefois, le Comité estime que « cette attaque est un autre exemple de la suppression systémique par l'État de différentes opinions et voix critiques ».
Pour faire face à ces situations devenues « courantes » et après avoir examiné les diverses initiatives qui ont été prises pour faire preuve de solidarité avec les victimes de cette attaque et défendre la liberté d'opinion et d'expression, le comité déroule un plan de lutte au niveau local mais aussi à l’échelle internationale.
Cependant, il a décidé d’organiser une manifestation le samedi 28 décembre 2019 à 18h30 devant le Parlement marocain, avant d’appeler à participer à la manifestation organisée devant le Tribunal de Première Instance d'Ain Sbaa lors de la prochaine session du procès d'Omar Radi le 2 janvier 2020. Pour documenter l’ensemble des cas affairant à cette situation, le comité a décidé de produire un rapport sur tous les prisonniers poursuivis dans le cadre d'une violation de leur opinion et de leur expression.
Mouhamet Ndiongue