Abdelilah Tahani part en retraite… mais ne se retire pas

Abdelilah Tahani part en retraite… mais ne se retire pas

Abdelilah Tahani est l’ancien directeur de la Communication au ministère du même nom. A ce titre, il a eu à gérer le vaste secteur de la Communication, sous toutes ses facettes et avec tous ses (innombrables) problèmes. Un temps, et en même temps, directeur par intérim de la Bibliothèque nationale du royaume du Maroc (BNRM), M. Tahani a atteint l’(ancien)âge légal de la retraite, et devra quitter ses fonctions à la fin de l’année.

En réalité, lesdites fonctions, ce haut-fonctionnaire les a poursuivies le 9 octobre dernier, quand le département de la Communication a disparu de l’organigramme gouvernemental. Le ministère de la Communication, durant ces dernières décennies, a eu plusieurs vies : ministère de l’Information, seul ou avec l’Intérieur, puis de la Communication, seule ou avec autre chose… jusqu’à sa disparition pure et simple et sans autre forme de procès lors de ce dernier remaniement. Puis, sur décision du chef du gouvernement, le département et ses 350 fonctionnaires ont repris leurs attributions, quand ils ont été rattachés administrativement à la Culture (qui regroupe depuis la Jeunesse et les Sports), où ils se trouvaient déjà. 

Né en 1959 à Marrakech, titulaire d’une licence en littérature d’arabe de l’Université Cadi Ayyad toujours à Marrakech, M. Tahani a collaboré en toute logique dans les alors emblématiques quotidiens de l’Istiqlal, al-Alam, et de l'USFP, al-Moharrir, côtoyant les grands de cette époque, comme Abdelkrim Ghellab, Abdeljabbar Sehimi ou encore Ahmed el Madini et Driss el Khoury. Journaliste, producteur d’émissions radio, tantôt même télé, Abdelilah Tahani a intégré le ministère de la Communication en 2003, comme chargé des études, à l’époque où on étudiait la question douloureuse de la presse et de l’information.

En 2009, le roi l’a désigné directeur de la Communication, à une époque charnière de l’histoire récente de ce pays. M. Tahani a eu donc à travailler de près avec les journalistes privés et publics, avec les médias nationaux et internationaux, lors du 20 février, puis du changement de la constitution, puis de la suite nationale et celle, encore plus riche, du Maroc à l’international, puis enfin des grands événements comme l’Union africaine, al Hoceima, la COP22…

10 ans donc à la tête de la Communication où, dit-il, il s’est acquitté de sa tâche avec sérieux, professionnalisme, esprit d’abnégation. On le croit parce qu’il est toujours périlleux de mal gérer des journalistes, qui le diront et qui même l’amplifieront… Avec son éternelle gouaille marrakchie, sa disponibilité et sa serviabilité amicale (nous en témoignons à Panorapost et à Mowatine), avec ses énervements et ses passions quand le Maroc est touché, avec sa connaissance du métier et de celles et ceux qui le portent, Abdelilah Tahani a été un « grand » directeur de la Communication, toujours ami de toutes et tous, quelquefois en froid, mais jamais polaire ni définitif, avec certaines d’eux.

Signe de la confiance que lui accordait l’Etat, il avait été nommé, 15 mois durant, en intérim, à la tête de la Bibliothèque nationale du royaume, en remplacement de Driss Khrouz, précipitamment parti. Il avait alors rempli ses fonctions avec la passion d’un bibliothécaire érudit, ce qu’il est aussi, œuvrant à la signature de conventions pour la sauvegarde et le traitement des ouvrages anciens, ouvrant l’institution aux jeunes, créant des pavillons spéciaux de recherche…

Avec l’ancien directeur des Impôts Omar Faraj, c’est le second haut-fonctionnaire que le Maroc perd en trois mois. Mais avec M. Tahani (sur la photo, décoré par l’ambassadeur d’Espagne), il semblerait que ce ne soit qu’un au revoir, car malicieux et mystérieux comme à son habitude, il laisse entrevoir un « retour » dans le secteur de la communication, sous une autre forme.

Aziz Boucetta



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