PAM : Un congrès dans le chaos, avec rebondissements à répétition
Le 4ème congrès du PAM, qui se tient ce weekend à el Jadida, a été rendu possible suite à une décision judiciaire. Le principal enjeu de ce congrès est le renouvellement des instances décisionnelles, secrétariat général et conseil national. Le congrès a commencé par une bagarre généralisée et les retraits de candidatures se multiplient.
Ainsi, vendredi 7 février, le congrès a démarré sur les chapeaux de roues, avec des dizaines de militants », ou supposés tels, qui n’auraient pas trouvé leurs badges de congressistes et qui ont forcé l’entrée de la salle de congrès, sous les yeux des journalistes présents et des objectifs de leurs caméras. Ils contestaient leur exclusion suite à ce qu’ils appellent une manœuvre des organisateurs. De fait, Samir Goudar, président de la commission d’organisation du congrès et réputé proche du candidat au secrétariat général Abdellatif Ouahbi, est accusé d’avoir manigancé l’exclusion de membres congressistes « loyaux » au secrétaire général sortant Hakim Benchamas.
Le calme revenu, le congrès peut commencer, par un discours « ovationné » (par des hurlements) de congressistes qui sont favorables à ce dernier. Il a appelé à défendre le projet islamiste contre les forces de l’islam politique… Ambiance. Mais dès le début du discours de Samir Goudar, les « militants » investissent et envahissent la scène occupée par les membres du Bureau politique, aux cris de « frangins » (khwanjia), dans une attaque claire contre M. Ouahbi, étiqueté comme proche des islamistes.
Chaos indescriptible, invités effrayés (dont des diplomates), et dirigeants choqués… Tout le monde fuit dans le désordre avant qu’un calme relatif revienne et que les invités, congressistes et dirigeants reprennent leur souffle et un début de sérénité, indemnes…
Dimanche, on apprend que sur les cinq candidats annoncés, deux restent en course, dont Abdellatif Ouahbi, son principal challenger, l’ancien secrétaire général Mohamed Cheikh Biadillah ayant décidé de se retirer de la course, en raison des manigances et fraudes de son rival M. Ouahbi, expliquent les proches de M. Biadillah.
Pour sa part, Fatima Zohra Mansouri, présidente sortante et plutôt fugace du conseil national, alliée de M. Ouahbi, compte se présenter à sa réélection, pour répondre aux différentes sollicitations dans ce sens, affirment ses amis.
A suivre, aujourd’hui, l’élection donc à la tête de ce parti, qui semble vivre des jours sombres annonciateurs de mois encore plus sombres.
Aziz Boucetta