Coronavirus, Elotmani rassure et évoque une loi de finances rectificative
Le chef du gouvernement Saadeddine Elotmani était ce samedi soir l’invité des trois principales chaînes de télévision, al Oula, 2M et Medi1Tv, répondant aux questions des journalistes sur la situation du Maroc face à l’épidémie de Covid-19. Il a eu des réponses et des éclaircissements sur toutes les questions posées, même si parfois, il a botté en touche, laissant les questions en suspens.
Ainsi, d’emblée, M. Elotmani explique que selon les classifications OMS, le Maroc est en stade 1, sur 3, celui de la prévention et des mesures pour empêcher le virus d’entrer sur le territoire. Nous sommes actuellement à 17 cas, dont 9 aujourd’hui, affirme le chef du gouvernement, avant de dire 18. Ne connaît-il donc pas l’effectif exact des cas confirmés de coronavirus ? Si, mais il a ajouté dans son décompte le ministre de l’Equipement Abdelkader Amara, rentré de mission en Europe avec le coronavirus, testé positif et depuis confiné chez lui.
- Elotmani précise en outre que le Maroc dispose de 77 lits déjà prêts pour recevoir des personnes atteintes, et que d’autres efforts sont entrepris dans ce sens. Mais il n’y a pas de « cluster » local, c’est-à-dire de foyer où il serait envisageable de passer en stade 2, celui de la limitation de la propagation intérieure.
Cela n’empêche pas d’avoir pris la décision de fermer les écoles, ajoute le chef du gouvernement, en indiquant qu’il n’y a aucune cachotterie dans cette décision, ainsi que le rapportent les commentateurs sur les réseaux sociaux. Et M. Elotmani d’expliquer que la fermeture des écoles ne signifie pas pour autant que les jeunes sont en vacances, mais qu’au contraire, une plateforme électronique a été développée depuis quelques mois et qu’aujourd’hui, c’est l’occasion de la mettre en œuvre, en plus de programmes scolaires spéciaux qui seront diffusés par la chaîne de télévision, la 4.
Pour Saadeddine Elotmani, aucun pays, et le Maroc ne déroge pas à la règle, n’a prédit ou peut prédire ce qu’il se passera sur 15 jours. Tout ce que l’on sait, c’est qu’il faut se placer en situation de prévention, et que les gens respectent les consignes, comme l’interdiction des rassemblements de plus de 50 personnes. « Le virus ne se transmet pas par voie aérienne, mais par le toucher, c’est cela qu’il faut garder en tête, alors il faut réduire les serrages de mains et les accolades/embrassades », explique le Dr Elotmani.
Concernant les prières dans les mosquées, M. Elotmani ne se montre pas très convaincant, bottant en touche vers le ministère des Habous et Affaires islamiques qui prendra les mesures adéquates… Mais concernant l’approvisionnement en denrées de consommation et l’achalandage des lieux de vente, M. Elotmani assure et rassure, parlant de stocks de quatre mois, et précisant que le Maroc est à un mois et demi de ramadan et que les questions d’approvisionnement sont déjà traitées.
A propos de l’économie, là aussi le chef du gouvernement est peu convaincant, répétant la mise en place de la commission de veille du ministère des Finances, la concertation avec la CGEM et les mesures d’accompagnement envisagées, transversales et globales, puis sectorielles, concernant les PME, les rééchelonnements des charges sociales, des congés ans sole… On discute, on cause, dit en substance et sans se dévoiler M. Elotmani, qui a aussi catégoriquement et malgré l’insistance des journalistes refusé donner un chiffre sur le coût de cette épidémie sur le budget du Maroc. Il a cependant évoqué la possibilité d’une loi de finances rectificative.
Par deux fois, le chef du gouvernement fait montre d’autorité, de sévérité, voire de colère. Une fois contre les colporteurs de fake news (comme celle de la mise en quarantaine de plusieurs villes, ce qui est faux) et une seconde fois contre les spéculateurs en denrées de consommation.
M. Elotmani achève son entretien d’une demi-heure en remerciant chaleureusement les personnels de santé, les services chargés de la sécurité et les bénévoles volontaires qui se sont manifestés.
Aziz Boucetta