Chambre des représentants : appel à ériger l’ouverture parlementaire en levier de confiance dans les institutions
Des parlementaires et des représentants d'instances internationales et de la société civile ont appelé, mercredi à Rabat, à ériger l’ouverture parlementaire en levier de renforcement de la confiance dans les institutions et de consécration des principes de transparence et de reddition des comptes.
Intervenant lors d’une rencontre parlementaire organisée par la Chambre des représentants autour du thème "Les parlements ouverts en Afrique", dans le cadre des Assises africaines sur le gouvernement ouvert, les participants ont souligné l’importance de renforcer la coopération entre les parlements africains et d’échanger les expériences et les expertises en matière de parlement ouvert.
Ils ont également mis en avant la nécessité d’une approche institutionnelle de l’ouverture fondée sur l’implication des citoyens et de la société civile dans l’action parlementaire, l’élargissement de l’accès à l’information ainsi que le développement de mécanismes d’interaction, de concertation, de suivi et d’évaluation des politiques publiques.
Dans ce sens, le vice-président de la Chambre des représentants, Mohamed Ghayate, a affirmé que la question des gouvernements et des parlements ouverts n’est plus "un luxe intellectuel", mais une nécessité démocratique et une réponse aux aspirations des citoyens à davantage de transparence, de participation et de reddition des comptes.
Le Parlement, a-t-il ajouté, joue un rôle central dans la consolidation de ces principes, en tant qu’institution législative et de contrôle représentant la volonté populaire et veillant au suivi et à l’évaluation des politiques publiques, notant que l’implication des parlements dans les initiatives d’ouverture constitue un levier fondamental pour renforcer la confiance dans les institutions.
M. Ghayate a également insisté sur l’importance d’associer la société civile à l’élaboration, à la mise en œuvre et à l’évaluation des politiques publiques, rappelant que la Constitution de 2011 a constitué un tournant majeur dans la consécration des principes de la démocratie participative, notamment à travers le droit de pétition et le droit d’accès à l’information.
Pour sa part, le directeur général du Partenariat pour un gouvernement ouvert (OGP), Aidan Eyakuze, a souligné que l’ouverture ne doit plus se limiter à l’action des gouvernements centraux, mais doit également englober les institutions chargées de légiférer, de représenter les citoyens et de contrôler l’action de l’Exécutif.
Il a fait savoir que l’avenir de l’ouverture requiert une approche fondée sur le partage des responsabilités entre les différentes institutions de gouvernance publique, notamment les gouvernements centraux, les collectivités territoriales, les institutions indépendantes et les parlements.
De son côté, la directrice du Programme d’appui aux gouvernements ouverts francophones, Nicole Nkoa, a indiqué que cette rencontre constitue une étape importante dans le processus de renforcement des parlements ouverts en Afrique, soulignant que cette dynamique couronne un processus de concertation et d’engagements auxquels plusieurs parlements africains ont adhéré depuis le Sommet de Marrakech en 2022.
Les réseaux et partenariats parlementaires africains favoriseront l’échange d’expériences et de bonnes pratiques, ainsi que le renforcement de la coopération entre les parlements, a-t-elle expliqué.
Le représentant de la société civile africaine, Sammy Obeng, a, quant à lui, estimé que l’implication des parlements dans les initiatives de gouvernement ouvert a constitué, ces dernières années, un tournant important dans le processus de consolidation de l’approche de "l’État ouvert", faisant observer que plusieurs parlements africains ont lancé des plans d’action dédiés au parlement ouvert, tenant compte des spécificités des contextes nationaux de chaque pays.
Il a souligné que le Réseau africain des parlements ouverts devrait constituer un mécanisme d’apprentissage mutuel, de partage d’expériences et de suivi de la mise en œuvre des réformes liées au gouvernement ouvert, insistant sur l’importance d’associer la société civile aux différentes structures et mécanismes de fonctionnement de ce réseau, conformément aux principes du Partenariat pour un gouvernement ouvert fondés sur la coopération entre les institutions et la société civile.
Cette rencontre thématique s’inscrit dans le cadre d’une dynamique continentale lancée lors de la journée parlementaire organisée à Marrakech le 2 novembre 2022, dans le cadre de la rencontre régionale Afrique-Moyen-Orient du Partenariat pour un gouvernement ouvert, couronnée par l’adoption de la "Déclaration de Marrakech" par les représentants de 15 institutions législatives africaines.
Cette rencontre sera couronnée par le lancement officiel du Réseau africain des parlements ouverts, en tant que cadre africain de dialogue, de coopération, d’échange d’expériences et de valorisation des initiatives parlementaires visant à renforcer la transparence, la participation citoyenne, l’intégrité, la reddition des comptes et l’ouverture institutionnelle.