Législatives : les enjeux sociaux au cœur des préoccupations de l’électorat rural dans l’Oriental

Législatives : les enjeux sociaux au cœur des préoccupations de l’électorat rural dans l’Oriental

Prévues le 23 septembre, les élections législatives constituent un tournant politique dans la région de l'Oriental, où les regards sont rivés sur le monde rural qui représente une importante base électorale, dans un contexte marqué par une prise de conscience politique croissante portée par les jeunes et les femmes, et des enjeux sociaux devenus un facteur déterminant du choix des électeurs.

Dans cette région du Royaume, le monde rural présente un acteur essentiel sur la carte électorale. Toutefois, cette importance numérique s’accompagne aujourd’hui d’attentes pressantes en matière de développement socio-économique.

Les enjeux sociaux, devenus la boussole qui guide l'électorat rural de la région, portent principalement sur la garantie d’un meilleur accès aux services de base tels que l'éducation et la santé, le désenclavement, la création d'emplois, ainsi que sur le soutien aux activités agricoles qui constituent le pilier économique de la population de ces zones.

Ces défis ont d’ailleurs entraîné un changement notable dans le comportement électoral des jeunes et des femmes des zones rurales : les observateurs ont, en effet, constaté un recul significatif de l’influence des appartenances tribales et familiales, au profit d’un vote "pragmatique" privilégiant les programmes politiques capables d’apporter des réponses concrètes et réalistes à leurs préoccupations quotidiennes.

Pour les jeunes ruraux de la région, les questions de l'emploi et de la mise à disposition d'infrastructures culturelles et sportives figurent en tête de leurs revendications. Ils considèrent, ainsi, les urnes comme un mécanisme vital pour choisir de nouvelles élites capables de traduire sur le terrain des projets réalistes pour endiguer le phénomène de l'exode rural vers les centres urbains et créer des alternatives économiques durables.

A cet égard, Miloud Razzouki, un acteur associatif, a souligné, dans une déclaration à la MAP, que la participation politique des jeunes et des femmes en milieu rural de l’Oriental connaît une mutation qualitative marquée par une prise de conscience croissante et une aspiration concrète à l’amélioration des conditions de vie économiques et sociales.

Les jeunes, a-t-il poursuivi, sont aujourd’hui plus attentifs aux promesses des candidats et n’acceptent plus les programmes "vagues" : ils cherchent plutôt des engagements clairs en matière d’emploi et de soutien aux petites entreprises et à l’agriculture.

S’agissant de la participation de la gent féminine, il a mis l’accent sur la dynamique exceptionnelle des femmes rurales de cette région, avec des taux de participation qui viennent briser le stéréotype de l'abstention. Cela témoigne, a-t-il dit, d'une véritable prise de conscience que l’urne est un outil de changement et d’amélioration de la réalité locale.

Dans une déclaration similaire, Chifae Laknani, vice-présidente d’une coopérative agricole féminine, a affirmé que l’approche électorale dans le monde rural de la région repose désormais sur la proximité des citoyens et une présence constante sur le terrain, expliquant que la population rurale accorde sa confiance aux acteurs qui s’engagent concrètement à prendre en compte leurs préoccupations de manière proactive et à répondre à leurs aspirations en matière de développement.

Mme Laknani a expliqué que le choix par les habitants des zones rurales de leurs candidats en fonction de leurs actions sur le terrain reflète une prise de conscience réelle de l’importance de l’efficacité d’action, considérant que la communication directe, la contribution effective à la lutte contre l’enclavement et la mise sur pied de projets de développement à fort impact demeurent les critères fondamentaux pour gagner la confiance dans les zones rurales.

Ces attentes obligent les partis politiques en lice dans la région de l’Oriental à repenser leurs discours et à passer de la formulation des promesses à l’élaboration de contrats sociaux bien définis, répondant aux spécificités et défis de chaque commune rurale.

L'importance de ces enjeux sociaux est d'autant plus grande au vu des défis climatiques actuels, notamment la succession d'années de sécheresse et la rareté des ressources en eau, facteurs qui ont eu un impact direct sur la stabilité des revenus agricoles des familles, ce qui place la question de la gestion de l'eau et du soutien aux petits agriculteurs au cœur du débat électoral dans le monde rural.

Dans ce contexte, Khalid Chiyat, professeur de droit international et de relations internationales à l’université Mohammed Ier, a estimé que la participation politique et le comportement électoral des jeunes en milieu rural présentent des spécificités sociales et culturelles qui font de cette catégorie un moteur du développement local et national.

L'universitaire a ajouté que les attentes des jeunes en milieu rural portent essentiellement sur la création d'emplois stables et la garantie d'une vie décente, ainsi que sur la mise en place de mécanismes facilitant la poursuite des études et de la formation, relevant que la lutte contre le chômage constitue un choix stratégique pour remédier aux inégalités territoriales et transformer les compétences des jeunes en un véritable moteur de l’économie nationale, notamment à travers le développement du secteur agricole.

En somme, les Législatives constituent un véritable test de la capacité des acteurs politiques à répondre aux enjeux sociaux des jeunes et des femmes du monde rural de l’Oriental, et à instaurer une nouvelle ère de gestion territoriale fondée sur la proximité, l’efficacité et l’égalité des chances.



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