Vieillissement : un défi urgent pour les pays en développement, selon l’OCDE
Le vieillissement devient un défi de plus en plus urgent dans les pays en développement, dans un contexte où « le niveau d’informalité reste élevé », a relevé l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dans son dernier rapport sur l’économie informelle publié lundi.
Dans ce rapport intitulé « Assurer les moyens de subsistance des travailleurs de l’économie informelle à l’heure des changements mondiaux », l’OCDE note que les pays en développement connaissent « des transitions démographiques beaucoup plus rapides que celles qu’ont connues historiquement les pays développés », mettant en garde que leurs systèmes de retraite « ne couvrent souvent pas de manière adéquate les travailleurs du secteur informel ».
En moyenne, parmi les pays couverts par le rapport, seuls 51 % des personnes ayant dépassé l’âge légal de la retraite perçoivent une pension, tandis que seulement 40 % des travailleurs cotisent à un régime de retraite. En conséquence, de nombreuses personnes âgées continuent de travailler dans le secteur informel au-delà de l’âge de la retraite ou dépendent du soutien familial, détaille le document.
Le rapport constate, néanmoins, qu’il est possible d’étendre la couverture des retraites dans les économies à forte composante informelle, même pour les pays qui sont sur le point de devenir des sociétés « vieillissantes », notamment l’Indonésie, le Mexique, le Pérou, la Thaïlande ou le Vietnam.
Pour ce qui est des pays africains, il relève qu’ils disposent de plus de temps pour se préparer, bien que certains d’entre eux sont bien placés pour mettre en place des systèmes solides, suggérant que des retraites sociales universelles pourraient, par exemple, être financées par des réformes fiscales à un coût budgétaire relativement faible.
Le rapport examine l’impact de l’emploi informel non seulement sur les travailleurs eux-mêmes, mais aussi dans les ménages et sur les personnes à leur charge, dans les économies en développement et émergentes, alors que 55 % de la population des 58 pays étudiés – en Afrique, en Amérique, en Asie et en Europe – vit dans des ménages entièrement informels.
Dans ce document, l’OCDE s’intéresse de plus près aux personnes derrière les statistiques — notamment les femmes, les travailleurs peu qualifiés et les personnes âgées — et explore la manière dont l’économie informelle interagit avec trois tendances mondiales susceptibles d’aggraver les vulnérabilités existantes : le vieillissement de la population, l’automatisation et la dégradation de l’environnement, telle que les sécheresses, les inondations ou les vagues de chaleur.