Partenariat Afrique-Europe : le Maroc plaide pour une coopération plus équitable et concrète
Le Maroc a appelé, mercredi à Addis-Abeba, à un partenariat Afrique–Europe équitable, solidaire et opérationnel. Cette position met l’accent sur la nécessité de construire une coopération plus équilibrée entre les deux continents, fondée sur la solidarité et des engagements susceptibles de se traduire concrètement.
Lors de la réunion des hauts fonctionnaires Union Africaine-Union Européenne (UA-UE), l’Ambassadeur, Représentant Permanent du Maroc auprès de l’Union Africaine et la CEA, Mohamed Arrouchi, a souligné que le Maroc est convaincu qu’une relation Afrique–Europe plus équilibrée et plus ambitieuse servira la prospérité des deux continents, exprimant la détermination du Royaume à y apporter sa contribution dans un esprit de responsabilité, de solidarité et de confiance.
Il a, dans ce sens, rappelé la Vision Royale du Partenariat Afrique Union européenne qui considère que l’Afrique et l’Europe sont deux continents voisins, liés par l’histoire, la géographie et un destin partagé, en précisant que le Maroc s’adresse naturellement à l’Afrique, à laquelle il appartient, et à l’Europe, son partenaire voisin.
Cette double appartenance confère au Royaume une vocation particulière : contribuer au rapprochement entre les deux continents, a ajouté le diplomate, notant que cette vision appelle à bâtir un partenariat équitable, solidaire et mutuellement bénéfique, fondé sur une relation d’égal à égal et sur le respect de la souveraineté, des choix et des spécificités de chacun.
Ce partenariat doit reconnaître à l’Afrique la capacité de définir ses priorités et de conduire son propre développement de même qu’il doit se traduire par des engagements concrets et des projets structurants, a-t-il enchaîné.
L’ambassadeur a en outre souligné que la paix et la sécurité constituent un pilier essentiel de cette coopération, relevant que la prévention des conflits, la lutte contre le terrorisme et les réseaux criminels, ainsi que le soutien aux efforts africains de paix doivent s’accompagner d’investissements dans le développement, l’emploi, l’éducation et le renforcement d’institutions solides.
La stabilité durable repose à la fois sur des réponses adaptées aux enjeux sécuritaires et sur la création de perspectives et d’une confiance renouvelée, a-t-il insisté.
Abordant les questions de migration et de la mobilité, il a rappelé l’importance d’une approche globale, humaine et équilibrée, estimant que la lutte contre les réseaux de traite et de trafic doit aller de pair avec l’élargissement des voies régulières de mobilité, notamment pour les étudiants, les chercheurs, les travailleurs qualifiés et les entrepreneurs.
Il a, à cet égard, fait remarquer que la Vision Royale invite à dépasser une lecture exclusivement sécuritaire de la migration et à reconnaître les possibilités qu’elle offre aux sociétés d’accueil comme aux pays d’origine.
Selon M. Arrouchi, le partenariat Afrique–Europe gagnera en portée en rapprochant concrètement les populations des deux partenaires, grâce à la formation, aux échanges culturels et aux investissements dans les infrastructures, la connectivité, les énergies renouvelables et l’intégration économique africaine.
La paix et la sécurité, la prospérité, la mobilité et la coopération multilatérale figurent également au cœur des échanges récents entre l’Afrique et l’Union européenne, a-t-il fait observer.
À cet égard, le Royaume appelle ses partenaires européens à accompagner les partenaires africains dans l’accélération de l’identification de projets concrets fondés sur le lien entre paix, sécurité et développement, conformément aux dispositions de la Déclaration de Tanger sur le nexus paix, sécurité et développement, a insisté M. Arrouchi, précisant que le Fonds de la paix de l’Union africaine pourrait contribuer à l’identification et à la réalisation de tels projets.